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Aigle -  2010-12-16 08:51:42

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Parmi les sujets récurrents du FC on trouve les discussions sur les excomunications "automatiques" résultant des sacres d'évêques illicites - autant que je sache il s'agissait d'une innovation du Pape Pie XII destinée à répondre aux initiatives des communistes chinois. Codifiée dans le CIC, la mesure s'est appliquée en 1988 comme on sait. D'autres cas existent (médecins avorteurs par exemple). Mais le point que je voudrais soulever est le suivant : que penser d'une procédure automatique sans aucune intervention explicite de l'autorité légitime, sans procédure et donc sans enquête pour vérifier les faits et permettre à l'intéressé de présenter des arguments en défense ? Cette excommunication n'étant pas définie par une décision explicite il peut y avoir un doute dans l'esprit de l'interessé et du public. Cela me semble peu conforme aux principes universels du droit (qu'il soit canonique ou romain) qui cherchent généralement à ce que les actes reconnaissantou refusant des droits soient clairs et établis au terme d'une procédure claire et juste. Je comprends la position "politique" de la curie : l'idée du CIC est que certains crimes sont tellement graves qu'ils doivent encourir une sanction spectaculaire. N'étant pas canoniste, je m'aventure en terrain miné mais je voudrais dire que je suis frappé par la différence entre la sévérité de cette procédure et le "laxisme" assez général (relevé par exemple par luc Perrin) qui caractérise la curie depuis 1965 à l'égard de nombreuses déviations doctrinales (et même à l'égard d'autres anomalies graves comme les crimes sexuels du clergé). Ce laxisme est à mon avis typique de l'état d'esprit anti-repressif qui caractérise les intellectuels depuis les années 1960. Mais l'excommunication "latae sententiae" n'est elle pas révélatrice d'une autre idée : dans ce cas, ce n'est pas l'autorité légitime qui examine et juge mais le condamné qui en quelque sorte "s'auto-condamne". De la sorte, l'autorité s'efface et se réduit à un simple greffe... On trouve parfois les mêmes raisonnements pour le Jugement dernier : Dieu ne déciderait rien - ce serait le pêcheur qui deciderait de lui-même de se damner en refusant de reconnaîre Dieu et d'appliquer Sa loi ... Je ne sais si cette vision est nouvelle ou si l'idée du pêcheur qui choisit librement le chemin de la damnation (idée qui me semble digne de Sartre) est présente dans la théologie classique. En tout cas, cette vision exalte dangereusement la liberté de l'homme et réduit symétriquement la fonction du juge - que ce soit celui de Dieu au dernier jour ou celui du Pape dans le quotidien de l'Eglise. Un savant liseur pourrait il compléter ou rectifier ce que j'ai écrit - ET QUI ne porte PAS sur les sacres de 1988 en tant que tel MAIS BIEN sur la façon dont Rome conçoit aujourd'hui son rôle de juge !!! Merci de votre attention.