On doit pourtant, à cet égard, remarquer que l’Apôtre ne blâme pas les hommes de se préoccuper de leurs épouses, et il ne reproche pas aux épouses de chercher à plaire à leurs maris ; mais il assure plutôt que leurs cœurs sont partagés entre l’amour du conjoint et leur amour de Dieu, et qu’ils sont tiraillés par des soucis aigus, et qu’à cause des devoirs qu’ils ont contractés en se mariant, ils ne peuvent facilement se donner à la méditation des choses divines. Car le devoir de leur union qui les lie leur commande clairement : « Ils seront deux dans une seule chair » [Genèse, II, 24 ; cf. Matthieu, XIX, 5]. Et, en effet, les conjoints sont tenus par des liens mutuels, tant dans les tristesses que dans les joies de tout ce qui arrive [cf. I Cor. VII, 39]. On comprend dès lors facilement pourquoi ceux qui désirent s’adonner au service de Dieu embrassent l’état de vie virginale comme une libération, c’est-à-dire pour pouvoir plus pleinement servir Dieu et se dévouer de toutes leurs forces au bien du prochain. Comment, par exemple un missionnaire de l’Évangile comme saint François Xavier, un père des pauvres comme saint Vincent de Paul, un éducateur de la jeunesse comme saint Jean Bosco, une « mère des émigrés » comme sainte Françoise-Xavier Cabrini, auraient-ils pu accomplir des œuvres aussi grandes et aussi pénibles s’ils avaient dû pourvoir aux besoins matériels et spirituels d’un conjoint et de plusieurs enfants ?
Pie XII, Sacra Virginitas.