l'expérience du chant grégorien
Chouette -  2010-12-14 19:48:40

l'expérience du chant grégorien

tombée dedans depuis mon plus jeune âge, je l'ai d'abord expérimenté selon l'interprétation Rousselienne, celle de Port-Marly à partir de 1967...Roussel chantait le grégorien à sa façon, populaire et approximative....ensuite je l'ai expérimenté chez les dominicaines enseignantes, là j'ai pu m'imprégner de la cohérence entre le texte et la musique : la mélodie est là pour expliciter le texte, pour le faire méditer, pour louer Dieu, pour faire prier celui qui chante et celui qui écoute. Enfin, je l'expérimente depuis 30 ans (anniversaire en 2011) comme chef de choeur et là quel bonheur : le bonheur de l'apprendre à ceux qui ne le connaissent pas, le bonheur de l'approfondir avec un abbé Philippe Laguérie qui, à mon avis, est celui qui a su intégrer le mieux le grégorien dans la vie paroissiale, le bonheur de l'interpréter toujours dans l'esprit du texte, la mélodie explicitant pour moi de plus en plus la richesse des textes. Que du bonheur !!! Ceux qui l'apprécient plus ou moins ici ont peut-être eu affaire à des techniciens du grégorien ou à des "intégristes", ceux-là mêmes qui veulent faire du chant de l'Eglise une sorte de code de morale du chant...Alors, je comprends leur réticence...Alors même que ce chant est celui de la Liberté des enfants du Bon Dieu !! Il partage sa présence avec le chant polyphonique et le chant populaire et tout l'art des chefs de choeur et des curés qui leur font confiance, est de trouver le bon équilibre entre ces 3 formes de la louange divine, sans oublier une 4e forme essentielle pour louer Dieu et faire prier son peuple, les instruments, et surtout le plus grand d'entre eux à l'Eglise, l'orgue. Comment ne pas évoquer la grande tradition des maîtres de chapelle du XXe siècle, ceux de Nantes, de Monaco, de Dijon, de Versailles, de Lourdes, ceux-là mêmes qui harmonisaient le chant liturgique avec la liturgie de l'autel...Ceux-là mêmes qui nous ont conduit à savoir faire la différence entre une messe de pélerinage ou une messe pontificale, une messe de mariage ou une messe d'enterrement, une grande fête solennisée en semaine ou le dimanche, etc... Il me semble que le choix des chants se fait non pas à travers ce que nous préférons et aimons, mais par la capacité des chanteurs d'une part et d'autre part surtout à partir des textes des messes à chanter : ex. simple et efficace = on ne chante pas un O salutaris à l'offertoire ou un Ave regina coelorum pendant le temps de Pâques... En revanche, on peut choisir l'Ubi Caritas de Duruflé, en chant polyphonique durant la communion du Jeudi Saint par exemple, tout en conservant l'ubi caritas grégorien à l'issue du Lavement des pieds... On peut chanter une messe polyphonique durant une grand-messe dominicale, en évitant de chanter gloria et credo par exemple, pour permettre à la foule des fidèles de chanter ces gloria et credo en grégorien, afin qu'ils puissent eux aussi prier en chantant...Le choeur chantera alors en polyphonie, les kyrie, sanctus et agnus... A suivre...