Les deux ressorts d'une perspective d'inculture générale.
Scrutator Sapientiæ - 2010-12-12 22:06:50
Les deux ressorts d'une perspective d'inculture générale.
Bonsoir à Aigle,
D'un côté, une dynamique d'hyper-spécialisation académique ou disciplinaire, avec de plus en plus de professionnels de la connaissance qui savent de plus en plus de choses sur de moins en moins de choses.
De l'autre côté, un processus d'hyper-vulgarisation journalistique ou télévisuelle, avec de plus en plus de consommateurs de connaissances qui savent de moins en moins de choses sur de plus en plus de choses.
Tels sont, grosso modo, les deux ressorts d'une perspective angoissante d'inculture générale.
Cela ne signifie en rien que les moyens d'acquérir une véritable "érudition transversale" ont disparu ; je suis même tenté de dire, qu'à partir du moment où l'on connaît les bonnes maisons d'éditions et les bonnes collections, on constate que ces moyens d'accéder à une véritable culture générale (permettant d'aller, de mieux en mieux et de plus en plus, du connu à l'inconnu, à tout le moins en sciences humaines, et sans se ruiner, en plus) sont vraiment nombreux.
Cette perspective d'inculture générale découlerait plutôt d'un double déficit, de motivation et d'orientation des intelligences, en d'autres termes, d'un déficit de curiosité et de studiosité.
Deux aspects encore plus inquiétants, au coeur de cette perspective :
- l'inculture scientifique et technologique de la majorité de la population, à commencer, je le confesse, par ma propre inculture dans ce domaine, alors que notre civilisation est techno-scientifique ;
- l'inculture philosophique et théologique, je vous rejoins notamment sur ce point, de bon nombre de chrétiens, en général, de catholiques, en particulier,
- qui se contentent fréquemment de connaissances approximatives, et ne le dramatisent absolument pas
ou
- qui ont une "foi vécue" plus "sentie" que "pensée", avec une sensibilité plus grande à une ambiance qu'à une doctrine.
Toute une pastorale, dans la mesure où elle a été déconnectée de ce que j'appelle le patrimoine de la Tradition, et donc dans la mesure où elle n'a transmis que du contenant, et non du contenu, a certainement contribué à cette inculture religieuse des clercs et des laics.
Je pense aussi à un certain rapport aux sacrements : par exemple, des cérémonies de confirmation, compte tenu d'un grand nombre de neveux et de nièces, j'en ai assisté à un certain nombre, dans des diocèses différents ;
- combien de fois n'ai-je pas entendu des évêques diocésains affirmer, pendant les homélies (je suis très sérieux) : "Les enfants, à chaque fois que vous aidez une personne âgée à traverser, dans la rue, vos parents ou vos frères et soeurs, à la maison, vos camarades de classe, à l'école, cela montre que l'Esprit-Saint est présent en vous" ?
A chaque fois, évidemment.
- combien de fois ai-je entendu les mêmes évêques diocésains préciser ou rappeler aux mêmes enfants ce que sont les dons et les fruits du Saint Esprit, qui parle des dons du Saint Esprit, dans l'Ancien Testament, qui parle des fruits du Saint Esprit, dans le Nouveau Testament, et ce que doivent et peuvent inspirer les dons et refléter les fruits du Saint Esprit, dans la vie de tout chrétien ?
Pas une seule fois, évidemment.
Bonne fin de soirée.
Scrutator.