Aigle - 2010-12-12 18:55:48
Henri HUDE
Chers liseurs, je voudrais vous recommander la lecture du blog du philosophe catholique Henri Hude("www.henrihude.fr"), ancien directeur du collège Satnislas de Paris et actuel professeur de philosophie morale à l'Ecole spéciale militaire de saint-Cyr, détaché à la naval academy d'Annapolis. Un extrait :
"Je ne prétends être ni théologien, ni exégète, mais sans une méditation sur la Bible, il est difficile d’entrer dans l’esprit de l’Amérique, et de comprendre sa culture politique et économique. Comme j’ai moi-même médité la Bible depuis mon enfance, j’ai pensé à écrire une lettre sur les rapports entre le capitalisme et l’Evangile en Amérique.
Et tout d’abord, deux faits sont incontestables :
1° Les Etats-Unis sont un pays religieux et la religion principale de ce pays est le christianisme.
2° Les Etats-Unis sont un pays extrêmement riche et où l’argent est quelque chose de très important.
Ces deux faits sont-ils cohérents ?
Ce qui est sûr, c’est que, dans l’esprit de l’Américain, qu’il soit protestant ou catholique, ces deux faits ne sont pas incohérents.
La fortune n’est qu’un facteur de la puissance ; et la puissance est la base d’une liberté qui ne vaut que si elle impose le respect par la dignité de son acquisition et la noblesse des finalités auxquelles on la fait servir. Dans le cas des Carroll, l’indépendance des Etats-Unis et la liberté religieuse du catholicisme en Amérique.
L’Ancien Testament, dans le livre des Proverbes, déclare que « la justice élève les nations, l’injustice les abaisse ». Cela ne veut pas dire que les pays pauvres et les faibles seraient des coupables ou des maudits. Cela ne veut pas dire non plus que les riches auraient forcément toutes les qualités, ni que leur richesse serait un signe de prédestination. Sinon l'Evangile ne parlerait pas de "mauvais riche". Et s'ils étaient tous mauvais par définition, il n'y aurait pas besoin de le préciser.
Mais cela veut dire qu’on ne s’élève pas aux premiers rangs sans des qualités intellectuelles et morales, ni sans solides vertus collectivement pratiquées, ni sans une sagesse politique supérieure. Les patrons qui créent des jobs décents et permettent ainsi l'existence digne des familles valent bien les intellectuels névrosés qui culpabilisent la propriété privée.
(...)
La tempérance et la chasteté assurent la stabilité des mariages, leur fécondité et donc la croissance, si d'autres conditions sont remplies. Elles assurent le renouvellement des générations, la cohésion des familles et la qualité de l’éducation. Sans elle disparaissent l’autorité des parents et des maîtres, le sérieux de l’étude et la transmission des valeurs.
Il y a donc une certaine rétribution de la justice ici-bas. C’est aussi ce que dit l’Evangile : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. » "