Lettre de l’Avent - Père Jean-Claude SAGNE
Véronique (Lala) -  2010-12-09 14:26:11

Lettre de l’Avent - Père Jean-Claude SAGNE

Voici une lettre du père Jean-Claude SAGNE nous parlant de l'Avent. Il était mon précédent accompagnateur spirituel, j'ai beaucoup appris auprès de lui, comme les nombreuses âmes qu'il accompagnait avec beaucoup d'humilité. Il est un saint homme, le Cardinal Barbarin a d'ailleurs parlé de lui, lors de ses funérailles en janvier dernier. Il m'avait adressé cette lettre, ainsi qu'à ses amis, je vous l'offre, car je sais qu'il m'autorisait toujours à offrir à mes amis ce qu'il écrivait, m'en ayant donner l'autorisation de son vivant. Je me souviens qu'un jour il m'ait dit : "Véronique, ce qui compte c'est de donner aux autres ce que DIEU nous donne". Je vous conseille vivement tous ses ouvrages, notamment le dernier : "Dieu notre père". Fraternellement Véronique Lettre de l’Avent chers frères et sœurs, en entrant dans l’Avent je voudrais marquer le passage de l’initiative du Père, ce Père des miséricordes, Dieu de toute consolation (2 Co 1, 3) à Marie, Mère de miséricorde. Lieu de l’accueil du Verbe fait chair. La révélation de la miséricorde divine est typiquement le contenu de l’appel de Moïse par Dieu au Sinaï. Le Buisson ardent reste la toile de fond de toutes nos rencontres de Dieu. Il y a difficulté à traduire le nom de Dieu : « Je SUIS Celui qui Suis » ou « Je suis qui je serai » La tension entre ce présent et ce futur correspond peut-être à la dynamique propre à l’Être divin : Dieu est Celui qui vient. La vie de Dieu est totale communication de soi : l’Être de Dieu est diffusif. Le Dieu qui se révèle au Buisson ardent vient de lui-même visiter son peuple pour le délivrer : il est le Dieu de l’Alliance, le Dieu fidèle, il agit en tout par miséricorde. Le Père réalise la générosité de la vie divine qui est l’acte pur du don. Il veut venir à nous et se faire le plus proche pour nous donner sa vie en abondance (Jn 10, 10). Pour désarmer notre orgueil et nos craintes, il vient à nous dans la douceur et la petitesse, la simplicité et la pauvreté. Le Père se donne totalement à nous en confiant son Fils au sein de Marie: « Mais, quand est venu l'accomplissement du temps, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme et assujetti à la loi, pour payer la libération de ceux qui sont assujettis à la loi, pour qu'il nous soit donné d'être fils adoptifs » (Ga 4, 4-5). Non seulement Jésus a choisi d’être homme et de naître enfant, mais il a choisi sa mère, il l’a préparée à l’accueillir, il l’a associée à son œuvre de rédemption. En s’incarnant Jésus est passé sans le quitter du sein du Père au sein de Marie, figure de l’humilité, de la pureté et de l’attente confiante du don de Dieu. A l’Annonciation, Marie a donné son oui au nom de tous les hommes (Somme théologique 3, 30, 1).. Elle personnifie l’attente des hommes ; elle porte à sa perfection l’espérance d’Israël, et, en sus, elle donne à cette espérance le nom qui l’oriente et la soutient, le nom de Jésus. En Marie, quand elle a conçu le Fils de Dieu, s’est réalisée l’union du divin et de l’humain, l’accomplissement de la première Alliance dans la nouvelle Alliance. Comme sans parole, Marie a été illuminée intérieurement par le mystère de l’homme-Dieu. Dans cette lumière d’Éphèse ( « Marie, Mère de Dieu »), Marie est médiatrice en nous faisant pressentir la douceur de l’amour du Père. La miséricorde du Père traduit le plus profond de son amour des hommes, sa bénignité. Marie nous tourne vers la source de la miséricorde qui est la pureté infinie de l’amour du Père, sa sainteté « Saint est son Nom ! »(Lc 1, 49).. Comment relire le récit d’Emmaüs dans le temps de l’Avent ? Quand Jésus reçoit de nouveau du Père par pur don la vie nouvelle de la résurrection, il retrouve quelque chose de la naissance et de l’enfance : « Tu es mon Fils. Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré »(Ps 2, 7 cité par Paul à Antioche de Pisidie en Ac 13, 33). Et dans la même veine, il y a correspondance entre l’état d’enfance de Jésus et son état eucharistique : ici et là c’est sa chair livrée entre nos mains, signe de la proximité du Père. En communion dans la joie de Marie, votre frère Jean-Claude