bien vu avec une restriction
Luc Perrin - 2010-12-02 10:48:41
bien vu avec une restriction
"Ce sera une langue qui est soustraite à l'usage quotidien"
Là est le point majeur car l'exercice de la traduction montre combien il est difficile de suivre l'usage quotidien et les protestants ont rarement suivi ce principe du "vernaculaire" : au XVIe, Luther use d'une forme savante d'allemand qu'il contribue à diffuser mais on n'use pas des allemands - très variés - qui existent alors et sont la langue vernaculaire, d'usage quotidien ; de même les huguenots qui usent de la langue du roi mais pas des nombreuses langues d'oc alors même que le Midi a le plus de protestants au XVIe que d'autres régions ; pas davantage les presbytériens écossais n'usent du gaélique, langue rurale paysanne, vernaculaire mais de l'anglais, langue des élites au XVIe.
La querelle des niveaux de langue dans le monde anglican/épiscopalien est très vive. Faut-il une langue banale, vraiment vernaculaire, ou une langue archaïsante "soustraite à l'usage quotidien" ?
Maintenant je ne souscris pas au reste de la phrase où vous excluez de la prière liturgique "ce qui a trait à la terre et à ses besoins terrestres" : c'est inacceptable et bien entendu que la liturgie assume "ce qui a trait à la terre et à ses besoins".
La question se double depuis 40 ans des traductions délibérément douteuses, induisant des thèses différentes ou opposées à la foi catholique. La lecture de Liturgiam authenticam (2001) s'impose à tous les enthousiastes du vernaculaire. Le Novus Ordo en version anglaise vient d'être nettement revu après une décennie de travail/tractations entre Rome et les conférences/comités anglophones.
Précisément pour réagir contre de multiples distortions introduites dès 1964.
Le recours généralisé au vernaculaire pose au moins autant de questions qu'il n'apporte de réponses.
ps. sur le plan ecclésiologique, ces traductions douteuses ont été approuvées par les instances épiscopales puis par Rome avant que Rome ne dise qu'elles sont ... douteuses voire dangereuses et doivent être révisées. On peut en tirer des enseignements pour la réforme de la réforme évoquée par l'abbé Barthe et quelques autres.