Pour continuer une réponse : les critiques de ratzinguériens à propos de la "petite phrase"
Abbé Claude Barthe - 2010-12-01 10:57:20
Pour continuer une réponse : les critiques de ratzinguériens à propos de la "petite phrase"
Pour continuer sur une réponse à une question sur "l'affaire Dreyfus" qui m'a été posée hier soir par Ennemond sur ce Forum, je signale l'article de Sandro Magister qui évoque des réactions dans le même sens que la mienne, mais bien plus conséquentes en raison de la qualité de ceux qui les émettent :
Sandro Magister
"Tir ami sur Benoît XVI. Par la faute d'un préservatif
"Les ouvertures du pape en matière d'utilisation du préservatif provoquent de vives réactions chez certains "ratzingeriens" fervents. Parmi eux, le jésuite Joseph Fessio, son éditeur aux États-Unis, et des membres influents de l'Académie Pontificale pour la Vie. Voici leurs critiques
par Sandro Magister
"ROME, le 1er décembre 2010 – Comme on pouvait le prévoir, ce que Benoît XVI a dit du préservatif dans son livre-entretien "Lumière du monde" a provoqué une discussion très vive au sein de l’Église catholique.
Dans deux précédents articles, www.chiesa a présenté les propos du pape d’une manière qui a suscité les réactions immédiates de personnalités catholiques importantes dans le domaine de la morale sexuelle.
Les critiques ne se sont pas concentrées uniquement sur www.chiesa et sur le professeur Martin Rhonheimer, le théologien de l’Université Pontificale de la Sainte Croix dont un essai avait été reproduit par www.chiesa.
Ni même sur "L'Osservatore Romano" ou sur le père Federico Lombardi, accusés d’avoir favorisé un malentendu sur la pensée du pape.
Au-delà de tout, la véritable cible des critiques est Benoît XVI en personne.
"Le Saint Père devrait arrêter de parler de sexe aberrant et parler davantage de Jésus", nous a écrit péremptoirement Christine Vollmer, présidente d’Alliance for Family, organisation basée à Miami aux États-Unis, et membre de l’Académie Pontificale pour la Vie.
Un autre membre influent de cette académie, le professeur Luke Gormally, ancien directeur du Linacre Centre for Healthcare Ethics de Londres et enseignant à l’Ave Maria School of Law d’Ann Arbor, Michigan, a reproché au pape de vouloir parler en simple théologien de sujets "pour lesquels il n’a pas une compétence particulière". Avec les conséquences suivantes :
"Beaucoup de personnes que je connais trouvent que c’est à la fois irresponsable, parce que cela crée dans l’esprit des gens ordinaires une confusion quant à l'exercice du magistère pontifical, et trop commode, parce qu’on a là un pape qui se retire dans une 'zone tranquille' d’écriture et de parole et néglige les devoirs urgents de son gouvernement".
Christine Vollmer et Luke Gormally furent de ceux qui, au printemps 2009, accusèrent Mgr Rino Fisichella, alors président de l’Académie Pontificale pour la Vie, d’avoir été jusqu’à justifier dans "L'Osservatore Romano" le double avortement pratiqué sur une fillette-mère brésilienne. Avec d’autres membres de l'académie, ils firent appel au pape contre Fisichella et obtinrent de la congrégation pour la doctrine de la foi une note d’éclaircissement.
Mais cette fois-ci, selon eux, c’est Benoît XVI qui crée des zones d’"ambiguïté" dans la morale catholique.
Une autre personnalité est intervenue dans la discussion et a catégoriquement contesté que le pape ait voulu introduire des nouveautés dans la doctrine et la pratique pastorale en matière de préservatif. Il s’agit du jésuite Joseph Fessio, président d’Ignatius Press et, en tant que tel, éditeur de "Lumière du monde" aux États-Unis, mais également membre du Schülerkreis, le cercle des étudiants qui ont eu Joseph Ratzinger comme professeur de théologie."