réflexions sur le P. Rhonheimer
Réginald -  2010-11-29 19:06:49

réflexions sur le P. Rhonheimer

Je viens de lire rapidement cette analyse. Voici mes réflexions à chaud. 1) Contrairement à ce que l'on a pu dire, il ne s'agit pas d'une justification des propos du Pape. L'article en effet a été rédigé en 2004, encore faut-il prendre la peine de le lire jusqu'au bout. Inutile donc de pousser des cris de chaisière car c'est faire un contresens que de lire cet article comme une conséquence directe des propos du Pape. 2) Da fait, le raisonnement du Père Rhonheimer va beaucoup loin que les propos du Pape. Il est basé sur une application du volontaire indirect pour lequel trois conditions sont requises : 1° il faut que l'action soit bonne ou indifférente. 2° que l'effet bon ne soit pas obtenu par un moyen en soi mauvais. 3° qu'il existe un motif grave pour poser l'action. C'est ainsi qu'il est permis à une femme de prendre un médicament dont le but est de soigner une maladie grave, même si ce médicament a pour effet (mauvais) de mettre en danger la vie du foetus. Dans ce cas, l'effet mauvais, n'est voulu ni comme fin ni comme moyen, mais est simplement toléré. Jusque-là, tout le monde, y compris les théologiens les plus rigoristes, est d'accord. 3) Le Père Rhonheimer propose d'appliquer ce même principe à tous les cas de fornication et même au cas d'un couple dont le mari est atteint du Sida. Je ne suis pas convaincu par sa démonstration, parce qu'elle manque de rigueur et n'analyse pas avec suffisamment de précision les conditions requises pour le volontaire indirect. C'est ainsi qu'il tient pour acquis que le préservatif est neutre ou indifférent du point de vue moral. Mais c'est précisément ce qu'il faut démontrer avant de passer à l'étape suivante. 4) Je préfère donc m'en tenir à ce que dit le Pape et Alphonse de Liguori : il ne faut pas poser un acte mauvais quelles que soient les circonstances ou le motif. En revanche si une personne est décidée à le poser, il me semble licite de lui conseiller de commettre un mal moins grave. En l'espèce, il n'est illicite de conseiller à une personne qui est décidée à faire du vagabondage sexuel d'utiliser un préservatif. 5) Pour le cas des époux dont l'un est infecté par le Sida, la question est infiniment plus complexe. Pour le moment, je suis réservé sur la solution proposée par le Père Rhonheimer.