J'ai analysé le rapport
Yves Daoudal -  2010-11-27 11:36:46

J'ai analysé le rapport

dans le n° 104 de Daoudal Hebdo (18 novembre): Les organisateurs des « Assises de l’interculturalité » ont remis un rapport à Joëlle Milquet, « Vice-Première Ministre, Ministre de l’Emploi et de l’Égalité des Chances, en charge de la Politique de migration et d’asile » lors de la cérémonie de clôture des Assises, le 8 novembre à Bruxelles. C’est Joëlle Milquet elle-même qui avait lancé ces Assises en septembre 2009. Parmi les « recommandations » qui sont faites aux pouvoirs publics, la plus médiatisée a été celle qui concerne la suppression des jours fériés liés aux fêtes chrétiennes. Le document n’ose même pas le dire ouvertement. Il demande aux partenaires sociaux d’élaborer « des solutions qui intègrent davantage le principe de l’égalité des différentes religions et convictions philosophiques reconnues quant à leur inscription dans le calendrier des jours fériés légaux », car « l’objectif d’interculturalisation doit également s’appliquer au calendrier de façon que le marquage du temps ne soit pas associé à une seule tradition religieuse ». Idem pour l’école : « Le Comité de pilotage préconise une réforme du calendrier scolaire, afin que celui-ci tienne compte de fêtes culturelles ou religieuses qui ne sont pas liées à une seule tradition. À côté des jours de congés « séculiers » (1er janvier, 1er mai, 21 juillet…), il y a lieu de trouver un équilibre entre les fêtes chrétiennes et celles d’autres courants religieux et philosophiques. » Mais on « propose » le nouveau calendrier déjà tout élaboré : 1. Conserver les cinq jours fériés suivants: 1 janvier, 1 mai, 21 juillet, 11 novembre et 25 décembre. 2. Permettre à chacun de choisir librement deux jours flottants, selon sa culture ou sa religion. 3. Créer trois nouveaux jours fériés non religieux. Ceux-ci pourraient coïncider avec des journées internationales qui célèbrent la diversité et la lutte contre les discriminations comme, par exemple, la journée internationale des femmes (8 mars), la journée internationale contre le racisme (21 mars) et la journée mondiale de la diversité culturelle (21 mai). Ce qu’on oublie de préciser, c’est qu’on supprime ainsi cinq des six jours fériés liés aux fêtes chrétiennes (il ne reste que Noël). Quant aux « jours flottants », c’est vraiment une histoire belge : les chefs d’entreprise et les directeurs d’école se demandent déjà comment ils vont pouvoir gérer des jours fériés aléatoires… Tous les élèves doivent apprendre l’arabe Dans l’interminable baratin (126 pages) du rapport au service de la diversité, du métissage, du multiculturalisme, etc., une autre recommandation attire l’attention : il faut enseigner l’arabe et le turc à tous les élèves. Hypocritement, on ne nomme pas ces langues, c’est pourtant d’elles qu’il s’agit : « Certaines parmi les langues parlées au sein des minorités ethniques, culturelles et/ou religieuses sont reliées à d’importantes langues de culture, dont la maîtrise peut constituer un atout pour notre économie internationale. Conformément à l’objectif d’interculturalisation, l’apprentissage de certaines de ces langues doit être proposé à tous les élèves. Seule cette option peut offrir une pleine reconnaissance à ces langues qui peuvent être utiles à tous, tout en faisant partie du patrimoine symbolique des élèves issus de certaines minorités ethniques, culturelles et/ou religieuses, même s’ils ne les parlent pas. » Et l’on insiste lourdement : « Le Comité de pilotage propose qu’un enseignement des principales langues standard des pays d’origine soit organisé en parallèle avec d’autres langues étrangères et selon les mêmes modalités qu’elles, c’est-à-dire sous le même intitulé “langues étrangères” et à destination de tous les élèves. » En France, le rapport Stasi de 2003 et le rapport parlementaire sur la burqa ont préconisé de faire de l’Aïd el Kébir et de Yom Kippour des jours fériés, mais sans supprimer de jours fériés chrétiens. En ce qui concerne l’enseignement de l’arabe à tous les élèves, c’est une position du parti socialiste (comme première langue vivante au collège, précisait le PS du Nord en janvier dernier). Ils ne savent même pas que les Maghrébins ne parlent pas l’arabe, mais un dialecte : l’Algérien de la rue ne comprend pas les discours de Bouteflika quand il s’exprime en arabe classique, alors qu’il comprend le français… Cela dit, il faut apprendre l’arabe classique si l’on veut lire le Coran et devenir un bon musulman… La repentance perpétuelle sur la colonisation Parmi les autres recommandations des Assises de l’interculturalité, il y en a une sur le colonialisme, c’est-à-dire sur la nécessaire repentance publique pour le crime de colonisation : « Que les autorités politiques manifestent une reconnaissance de ce passé pour que les jeunes générations, pour la plupart belges désormais, puissent grandir dans un pays qui reconnaît ce contentieux historique et exprime sa responsabilité et ses regrets dans ces événements dramatiques. » Et cette repentance doit être permanente dans les programmes scolaires : « Le Comité de pilotage insiste pour que soit donnée une place dans les programmes, les manuels et les bibliothèques scolaires à l’histoire de la colonisation, de l’immigration, des discriminations, ainsi qu’à la mémoire des minorités ethniques, culturelles et/ou religieuses présentes en Belgique. » Le comité de pilotage comprenait les dirigeants des diverses organisations antiracistes, pour l’intégration, la diversité, etc., dont Radouane Bouhla, président du MRAX (l’équivalent du MRAP), Memet Karaman, coordinateur du réseau interculturel de Gand, Naïma Charkaoui, directrice du Minderhedenforum (forum des minorités), Omar Ba, de la Plateforme africaine, Hassan Boujedain, coordinateur du Bureau de l’intégration d’Anvers, etc. Il y avait aussi le vice-président du Centre d’action laïque (qui est d’un laïcisme athée très agressif), le président de l’Union des mosquées, le grand rabbin de Bruxelles, et trois professeurs d’université. Comme on le voit, la « diversité » était respectée : il n’y avait aucun représentant de l’Eglise catholique, ni de quelque autre communauté chrétienne, ni de quelque association chrétienne que ce soit.