La différence entre le bruit médiatique et le son catholique.
Scrutator Sapientiæ -  2010-11-24 09:18:25

La différence entre le bruit médiatique et le son catholique.

Rebonjour, Il est de plus en plus difficile, mais aussi de plus en plus nécessaire, de faire comprendre, de faire entendre, la différence entre le bruit médiatique et le son catholique, entre le brouhaha qui reflète l'esprit du monde, et la parole qui s'inspire de l'Esprit de Dieu. Je crois que le "médiatisme" existe : c'est le règne de l'artificiel et du superficiel, du sensationnel et du spectaculaire, ce n'est pas l'art d'informer les personnes, mais celui de déformer les consciences, c'est la communication asservie à / au service de la manipulation. Il appartient, me semble-t-il, aux catholiques, en général, à tous les clercs, en particulier, d'annoncer l'Evangile, tout en dénonçant ce qui fait obstacle à cette annonce, tel ou tel régime politique et / ou religieux, tel ou tel système philosophique et / ou économique, mais aussi, il faut bien le dire, ce que j'appelle le médiatisme. A l'occasion de telle ou telle prise de parole publique, au moyen de tel ou tel vecteur, - qu'un Souverain pontife s'en tienne strictement à l'expression de la position officielle de l'Eglise, dans sa forme et dans son fond, sur telle ou telle question relevant de la Foi ou dans des moeurs, et à la dénonciation des principes et des pratiques qui s'opposent à cette position, aux réponses chrétiennes à ces questions ; - qu'un évêque catholique traditionaliste s'en tienne strictement à l'évocation du patrimoine doctrinal et spirituel, dogmatique et liturgique, constitutif de la Tradition catholique, et à la dénonciation des idées et des actions qui s'opposent à la réception et à la transmission de ce patrimoine ; ...n'intéressera jamais "spontanément" les donneurs d'ordres médiatiques, parce que ceux-ci ne sont pas seulement des informateurs désintéressés, mais sont aussi des industriels très intéressés, dont l'activité n'est pas nécessairement illégitime, mais qui sont victimes, parfois, coupables souvent, exposés, toujours, au contact de propensions et de tentations "sectorielles". Je vois venir le jour où un Pape, où un évêque, devront s'interdire de s'exprimer sur tel ou tel sujet, plutôt que de voir la classe médiatique, si j'ose dire, tirer parti, avec un malin plaisir, de telle ou telle prise de position, même légitime et orthodoxe, mais potentiellement manipulable, sensationnelle ou spectaculaire, pour faire oublier ce qui est absolument essentiel. L'essentiel n'est pas artificiel ni superficiel, ni sensationnel ou spectaculaire, l'essentiel n'est pas et ne sera presque jamais "médiatiquement correct" ; l'expression de l'essentiel nécessite du courage et de la franchise, y compris contre la logique intime qui est à l'oeuvre dans bon nombre de salles de rédaction. Que les hommes d'Eglise consentent à préciser, à rappeler, avant tout ce qui est essentiel : notamment l'Amour et la Lumière, la Foi, l'Espérance, la Charité, et à dénoncer ce qui s'oppose à l'essentiel. A contrario, qu'ils ne s'étonnent pas, qu'ils ne s'indignent pas, j'irai plus loin, qu'ils ne se plaignent pas, si telle ou telle position publique, dans des matières ou d'une manière non ordonnée(s) à l'essentiel, ou dissociable(s), par les médias, de l'essentiel, est à l'origine d'un effet boomerang, plus ou moins dévastateur à court ou à long terme. Si un homme d'Eglise consent à exprimer avant tout l'essentiel, se contente d'exprimer avant tout l'essentiel, et si cela n'intéresse pas ou plus, pas assez, ou pas du tout, les médias, ce n'est pas de la faute de cet homme d'Eglise, mais c'est le fait de ces médias, qui décident souvent, à notre place, à la place des responsables religieux, mais aussi à la place des responsables politiques, des artistes, des sportifs, etc, qu'ils interrogent, et à la place de leurs clients, de ce qui est essentiel, et de ce qui ne l'est pas ou plus. Dans l'espoir de bien me faire comprendre, je précise que les hommes d'Eglise ne sont pas, en effet, les seules victimes du mal que je dénonce ici ; je ne vois pas pourquoi il auraient le devoir de se laisser faire, de se laisser prendre, par la caisse de résonance médiatique, - ou bien en s'exprimant sur des sujets ou terrains glissants qui sont bien de leur ressort, mais d'une manière non claire ni nette, - ou bien en s'exprimant sur des sujets et terrains glissants qui ne sont pas de leur ressort. Voilà où nous allons, en ces temps de confusion intellectuelle, entretenue par les opérateurs médiatiques : je vois venir le jour où l'on écrira ceci, et ce n'est pas totalement sans rapport avec ce qui précède, même si cela n'apparaît pas vraiment, de prime abord : l'on dira un jour de tel ou tel footballeur que c'est un footballeur courageux, non parce qu'il dépense toute son énergie sur le terrain, mais parce que, à l'occasion de telle ou telle édition du festival de Cannes, il a pris publiquement position contre la couleur et la robe de l'actrice qui a obtenu le prix d'interprétation féminine... Bonne réception, bonne lecture, bonne journée. Scrutator