ajoutons un peu d'eau N.M.
Luc Perrin - 2010-11-22 12:06:57
ajoutons un peu d'eau N.M.
cela permettra peut-être de clarifier ce que vous confondez.
D'un côté nous avons un ensemble de faits (le génocide nazi des juifs et des tsiganes), de l'autre concernant le rôle de Pie XII nous avons un jugement de valeur sur l'histoire de M. Prasquier.
Mgr W. n'a point élaboré une théorie philosophique, un voeu, des regrets ou autre sur la question dudit génocide et des chambres à gaz.
Tout dépend par ailleurs ce que M. Prasquier qui annexe un peu vite les historiens à son jugement personnel - il doit faire référence à ceux qui sont les plus contestés au sein de la communauté historienne je le crains bien qu'ils/elles ne soient pas nommés - entend par "directe".
La plupart des historiens considèrent que le court passage du radio-message de Noël 1942 est bien une mention directe mais le mot "juif" n'y figure pas.
Sans doute M. Prasquier doit hésiter sur la catégorie de population décrite par Pie XII (Tibétains ? Bantous ? Indiens de l'Amazone ? Maoris ...) mais il est bien isolé à ne pas comprendre.
Rappelons le texte censuré par Costa-Gavras :
"les « centaines de milliers de personnes, qui, sans aucune faute de leur part, et parfois uniquement pour des raisons de nationalité ou de race, sont destinées à la mort ou à une extinction progressive » (Pie XII)
Il pourra relever que des dénonciations publiques, fortes et "directes" sont bien rares parmi les belligérants de 1939-1945 et les autorités religieuses non catholiques.
Jacques Nobécourt donne une archive qui est la réaction du chef nazi Heydrich le 22 janvier 1943 :
« De façon sans précédent, le Pape a répudié le nouvel ordre européen national-socialiste. Son allocution a été un chef-d'oeuvre de falsification cléricale de la philosophie national-socialiste. Il est vrai qu'il ne se réfère pas aux nationaux-socialistes en Allemagne, mais son discours n'est rien qu'une longue attaque contre tout ce que nous soutenons. Il voit la personne humaine en termes absolument individuels et libéraux. (...) Dieu, dit-il, regarde tous les peuples et les races comme dignes de la même considération. Il fait clairement allusion aux juifs. (...) Il accuse virtuellement le peuple allemand d'injustice envers les juifs et se fait lui-même le porte-parole des criminels de guerre juifs. »
Ce que M. Prasquier ne comprend pas, Heydrich, lui, l'avait parfaitement compris et comme, pour une fois avec pertinence, le disait feu Bruno Chenu, ce radio-message de 1942 est à relire dans son entier car il anticipe, à plus d'un titre, la Déclaration Dignitatis humanae de Vatican II.