Jean Kinzler - 2010-11-21 16:22:23
réactions en chaine
Des réserves en France
Ce "ralliement à une position plus éclairée et moins scandaleuse" est le signe que Benoît XVI "tente de réagir face au discrédit avancé dont il est l'objet" depuis sa "déclaration choquante" de 2009, a estimé Christian Terras, rédacteur en chef de la revue catholique critique Golias.
"Je ne pense pas qu'il y ait un changement sur le fond par rapport aux positions antérieures de Benoît XVI ou de Jean Paul II", a cependant jugé le théologien Xavier Lacroix, sur le site internet du quotidien La Croix: "Ils ont toujours souligné que le préservatif ne pouvait pas être le seul --j'insiste-- moyen de prévention du sida".
S'il en a admis l'usage "dans certains cas", Benoît XVI a rappelé que le préservatif n'était "pas la façon à proprement parler de venir à bout" du sida, continuant à privilégier "fidélité et chasteté".
Commentant ces propos sur France 3, Odon Vallet, spécialiste des religions, a évoqué "une évolution, pas une révolution".
"Dans la formulation, c'est une nouveauté, l'expression est plus explicite, mais la position de fond n'est pas radicalement nouvelle, car le pape dit que le préservatif n'est pas une solution morale", a souligné auprès de l'AFP le père Dominique Greiner, rédacteur en chef religieux de La Croix.
S'il n'y a "pas de changement de fond", il y a quand même "une avancée majeure", a commenté Frédéric Lenoir, directeur du Monde des religions: "Pour la première fois, Benoît XVI se rallie à cette théologie du moindre mal" qu'avait mise en avant "l'Abbé Pierre, dans les années 80, pour défendre l'usage du préservatif quand on se sait contaminé".
Une avancée qui ne satisfait cependant pas les associations de lutte contre le sida: le pape est "encore loin du compte", a résumé Act Up-Paris, tandis que le Sidaction "se désole" de la position de Benoît XVI, toujours "à l'opposé des certitudes scientifiques" sur un usage étendu du préservatif.
"Il faut qu'il aille beaucoup plus loin. Il faut qu'il reconnaisse que les politiques d'abstinence et de fidélité sont des échecs et sont directement responsables de la mort et de la contamination de centaines de milliers de personnes", a ajouté Act Up. ici