Pour aider à y voir clair ...Ni laïques, ni musulmans, de Rémy Fontaine
Diafoirus -  2010-11-20 11:42:52

Pour aider à y voir clair ...Ni laïques, ni musulmans, de Rémy Fontaine

NI LAÏQUES NI MUSULMANS La société française souffre de trois maux principaux : le sécularisme, la culture de mort qu'il véhicule et l’ islamisation. Pour y remédier: la conversion et, pour les chrétiens, un sain communautarisme et un repli «sur nos ilots de chrétienté». Mais la solution est-elle réellement là? Dans son dernier ouvrage(1), Rémi Fontaine s'appuie sur l'actualité pour décrire notre temps présent et nous livre sa réflexion sur la société dénaturée dans laquelle nous vivons avec ses principaux maux : le sécularisme qui étouffe notre monde occidental ainsi que l'Eglise, malgré le Pape ; la culture de mort qu'il véhicule et l'islamisation du pays. Une société de tous les excès Il existe un réel danger pour les nations de perdre leur identité sous l'influence d'une certaine culture moderne. Ce sécularisme, où l'homme remplace Dieu, est institué sur une inversion : la liberté qui donne la vérité, et non plus la vérité qui rend libre. Concrètement, nous vivons dans une société de tous les excès qui «maudit l'infanticide en bénissant l'avortement (..) qui s'en prend au violeur en absolvant la pornocratie» (p. 185). Les changements de comportements imposés, les changements d'attitude devant la vie (loi Veil), en prétendant lutter contre un obscurantisme multiséculaire, sous-entendu chrétien, ont plongé la société dans une obscurité sans précédent, ce qui explique les coups portés avec facilité contre la famille : pacs, statut de beaux-parents (faux-parents), bioéthique, enfant marchandise, «divine» capote... Rémy Fontaine se livre aussi au décryptage de ce nouveau concept qu'est la «laïcité positive» où le culte de l'homme transparaît dans un humanisme maçonnique, non plus athée, mais agnostique. La croix est désormais mise en concurrence avec les autres symboles religieux, ce qui nous change de l'absence totale de signes religieux. Mais ne nous trompons pas, nous nous retrouvons bien dans une «démocratie sournoisement totalitaire» comme l'évoquait Jean-Paul II, où la Vérité est devenue optionnelle ou relative. C'est l'arbitraire et l'anarchie. La laïcité (positive ou négative) reste bien un leurre, la neutralité ne tient pas, la chris tianophobie permanente en France en montre les limites. Nos dirigeants tentent de transformer la France et l'Europe au lieu de respecter leur identité propre et nagent en plein délire laïciste, en plein métissage culturel imposé aux peuples. Ce qui ne les empêche pas de se prendre les pieds dans la burka parce qu'ils préfèrent ignorer les vraies causes du problème, à savoir l'immigration-invasion musulmane. La France, fragilisée par le sécularisme, est devenue vulnérable à l'invasion islamique et ne comprend plus que si certains et certaines s'épanouissent dans la servitude, rien ne l'oblige à leur donner droit de cité dans la Cité. Et l'Eglise dans tout cela ? Et l'Eglise postconciliaire dans tout cela ?Selon la doxa, un chrétien qui défend sa foi autrement que par le silence est un intégriste. Et Rémy Fontaine en déduit que la très grande majorité de nos évêques ne sont pas des intégristes ou qu'ils ont oublié que notre héritage n'était pas négociable. Nos évêques doivent, certes, rappeler avec force qu'ils sont au service du Christ Roi, mais l’Eglise a toujours été composée de pêcheurs, Elle est juste ce que le Christ avait dit qu'elle était : un filet jeté dans la mer de l'humanité rapportant des prises plus ou moins bonnes. Il en a toujours été ainsi. Alors quel remède contre la peste et le choléra, la grande et la petite vérole ? La conversion. Certes, mais encore ? Rester repliés «sur nos îlots de chrétienté» ? Comme perceptive d'avenir, une seule solution, un communautarisme qui se veut national et chrétien? Dissidence ou communautarisme ? Rémy Fontaine défend un sain et légitime communautarisme en citant, entre autres, Benoît XVI. Mais, depuis quand le Saint-Père milite-t-il pour le communautarisme ? Le retour à l'identité et à la visibilité catholiques en France passe-t-il par le risque de l'entre-soi ? Etre dans le monde sans être du monde, avoir cette culture de dissidence, passe-t-il nécessairement par le communautarisme ? Les catholiques en France sont-ils assez nombreux pour rester entre eux ? Et est-ce ainsi qu'ils seront le levain dans la pâte? Tout au contraire, et selon l'enseignement social de l'Eglise, il est impératif pour les laïcs catholiques d'agir dans notre société en déshérence, après l'échec de toutes les utopies, et qui cherche des valeurs que seul le christianisme peut lui apporter. Si le catholicisme est rejeté en bloc par le monde politico-médiatique, il est intéressant de constater que ce dernier subit de façon de plus en plus marquée le même rejet de la part des peuples. Les catholiques se trouvent face à leur propre défaitisme. Il est vrai qu'une société post-athéiste comme la nôtre donne le vertige. Comment agir, devient-il une question à l'impossible réponse ? Devons-nous rester entre nous en attendant un miracle ? Le Christ nous a donné pour mission de sauver tous les hommes, «malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile». Comment l'annoncer enfermés au cénacle ? Comment faire respecter l'ordre du monde voulu par Dieu, si ce n'est en s'appuyant sur l'Eglise malgré l'imperfection de ses membres ? Depuis quand avons-nous vocation à seulement rester entre nous, satisfaits de ne pas faire partie d'un monde qui s'autodétruit ? Devons-nous ressembler à ces chrétiens d'Orient qui n'ont guère le choix qu'entre le martyr ou la fuite ? Mission des laïcs catholiques Les catholiques doivent agir dans la société, évangéliser en s'appuyant sur l'Eglise, sur leurs communautés, leurs familles qu'il convient de protéger contre les pollutions de notre monde. Ils doivent témoigner de ce qu'ils sont, annoncer le Christ à tous les hommes selon leur possibilité, leur vocation et leur talent. Le communautarisme, c'est le repli de la communauté sur elle-même, ce qui ne correspond en aucun cas à l'universalité du christianisme. C'est la défense des intérêts d'une communauté au détriment des autres, c'est le rejet de la primauté du bien commun pour favoriser les intérêts particuliers, ce qui est étranger à la doctrine sociale de l'Eglise. De plus, il appuie l'idée d'une France multiculturelle, multi tout où diverses communautés vivraient les unes à côté des autres dans une paix relative. Le repli fait le jeu de nos adversaires qui s'échinent à faire de la religion une affaire strictement privée et qui poussent les chrétiens à quitter le combat social et politique. Si les catholiques ressentent le besoin de se regrouper depuis quelques années (écoles, médias, site internet, groupements professionnels), ils doivent rester ouverts pour accueillir, et rester à l'écoute et aller au-devant des besoins des hommes de leur temps. Rappelons que les apôtres ne sont pas restés enfermés au cénacle bien longtemps. Avec d'autres disciples, de nouveaux baptisés, ils sont partis à la «conquête» du monde, car ils fréquentaient tout le monde, exerçant toutes les professions possibles. La mission des laïcs catholiques, dans le monde comme dans l'Eglise, est de peser sur les grands sujets de société, ce qui nécessite une formation, méthodologique et théorique, s'appuyant en particulier sur l'enseignement social de l'Eglise. Il leur faut aussi savoir faire preuve d'imagination, comme les chrétiens sociaux du XIXe siècle qui mirent au point des avancées sociales que l'État, pourtant laïciste, s'est empressé de leur emprunter. Il leur faut savoir aller au-delà de la crise de la foi et de la liturgie dans l'Eglise. On peut être minoritaire et très influent, mais, pour ce faire, il faut savoir ce que l'on veut et agir dans la durée avec les moyens qui correspondent au but poursuivi. On peut toujours citer Benoît XVI. S'il s'en prend au relativisme, au laïcisme, ce n'est jamais en cédant à la tentation communautariste, mais en priant et agissant pour la conversion de l'Eglise : «L’Eglise a le devoir d'annoncer l'Évangile partout et toujours. (…) j’ai considéré opportun d'offrir une réponse adaptée à la question afin que l'Église toute entière, régénérée par l'Esprit se présente au monde, forte d'un élan missionnaire capable de propager cette nouvelle évangélisation»(2). Isabelle PASQUALE (1) - Ni laïques, ni musulmans, Rémy Fontaine, Éditions Contretemps, 234 p. http://www.nd-chretiente.com/dotclear/index.php?post/2010/07/30/un-nouveau-livre-de-R%C3%A9mi-Fontaine (2) - Extrait du Motu proprio Ubicumque et semper. * Permanences N ° 476-477 Septembre-Octobre 2010 http://www.ichtus.fr/ICI