Luc Perrin - 2010-11-18 12:19:54
mai 1968, le retour ?
décidément ces idées irréalistes ont la vie dure.
Un géographe avait écrit avant les chiffres de succès obligatoires de M. Chevènement et ses successeurs, "gauche" ou "droite" tous répètent le même discours appris chez les "pédagogistes" (pas les vrais pédagogues) :
"le diplôme pour tous est un passeport pour nulle part".
Si vous supprimez les notes Ribambelle, comment vérifiez-vous l'acquisition des connaissances et savoir-faire ? Si je vous comprends bien, effort ou pas d'effort, tous doivent être évalués pareillement, tous à 20/20 car c'est bien le message subliminal de l'absence de note.
Maintenant plaçons nous quelques années plus tard : un concours sans note ? un recrutement professionnel où chaque candidat(e) a en poche le même diplôme, pré-imprimé depuis sa naissance ?
Le recrutement se fait au jugé, aux relations (le "piston") voire sur des critères que la morale réprouve.
Bref vous n'avez pas blessé l'égo - surdimensionné - des jeunes mais vous nous avez créé une société où règne l'arbitraire, le copinage, le clanisme et possiblement l'incompétence.
L'égalitarisme que vous prônez, inconsciemment ?, aura produit son contraire : une société sans foi ni loi, la jungle comme seule "loi".
Tout ne se résume pas à la notation, j'en conviens, tout ne doit pas être figé pendant le temps scolaire et cela impose que les qualités effectives - mais vérifiées - hors notation puissent être mieux reconnues par les employeurs. D'où les passerelles vers d'autres qualifications, d'où la formation continue, d'où la "validation des acquis de l'expérience".
Il n'empêche la notation est un instrument de civilisation que le libertarisme type Mai 68 des signataires ignore. On ne soigne pas une maladie - dans la société comme dans l'Église - en rajoutant des virus à un organisme malade.
La critique de l'école est un sport national, on oublie toujours d'évaluer les limites des choix des employeurs par rapport à leurs collègues américains par ex., les réticences des employeurs français vis-à-vis du système scolaire par rapport à leurs collègues allemands.C'est, à mon sens, bien plus important que d'épiloguer longuement sur les notes.
nb. il y a une source catholique au pédagogisme contemporain, l'autre venant des anarchistes. Plusieurs méthodes "égalitaristes" furent expérimentées chez les militants d'Action catholique dès les années 1940-1950 ; le SGEN (CFTC d'abord puis CFDT) a été un grand vecteur du libertarisme égalitariste dans le monde catholique. Cet aspect demanderait une étude approfondie. Les idées sous-jacentes au néo-liturgisme (pastorale = pédagogie liturgique) ne sont pas sans lien avec ce mouvement dans le domaine de l'enseignement.