Contre les notes à l'école:un prêtre
Jean Kinzler -  2010-11-17 20:55:00

Contre les notes à l'école:un prêtre

Appel de l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) pour la suppression des notes à l'école élémentaire La culture de la note est encore très présente dans l'école française, historiquement tournée vers la sélection. Si ce modèle répondait aux exigences d'un système élitiste avant la massification scolaire, il apparaît aujourd'hui en total décalage avec l'objectif d'élévation globale du niveau d'étude. L'obsession du classement à laquelle il répond crée, dès l'école élémentaire, une très forte pression scolaire et stigmatise des élèves qu'il enferme progressivement dans une spirale d'échec. Démotivantes, les mauvaises notes sont vécues comme une sanction et n'apportent en rien les clés d'une possible progression. Alors que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire, les conséquences de ce système sur les élèves en difficulté sont désastreuses: fissuration de l'estime de soi, absence de valorisation de leurs compétences, détérioration des relations familiales et, à terme, souffrance scolaire. La pression scolaire précoce ne fait que nuire à l'efficacité de notre système éducatif: aujourd'hui, quatre écoliers sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes. L'école gagnerait à s'appuyer sur une autre logique que celle de la compétition. Il faut qu'elle devienne pour tous les enfants une étape positive de leur construction, de leur épanouissement, du développement de l'estime de soi et de l'élaboration d'un rapport sain aux apprentissages. D'autres modèles éducatifs ont prouvé leur efficacité. En Finlande – pays en tête des classements internationaux en matière d'éducation –, les élèves sont évalués pour la première fois à 9 ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans. En France, les textes de loi ont déjà beaucoup évolué et ne font plus référence explicitement à la note comme système d'évaluation. Mais devant l'urgence d'apporter des réponses concrètes à la souffrance scolaire, nous devons franchir un palier supplémentaire. Nous appelons à supprimer la notation à l'école élémentaire, qui doit devenir l'école de la coopération et non de la compétition. -------------- "Je préfère infiniment l'entraide entre les enfants que l'écrasement des nuls par les forts. Si on colle des notes, les gosses entrent dans cette compétition-là qui consiste à avoir les meilleures, et surtout ne pas vouloir partager les moyens du savoir, ni les moyens du faire savoir, avec les autres. En revanche, partout où j'ai vu les enfants s'entraider dans l'effort des apprentissages, les plus habiles aidant les plus inhibés, non seulement j'ai assisté chez les premiers à une joie du partage (partage du savoir, de la confiance en soi) et chez les seconds à des progrès spectaculaires, mais les uns et les autres créaient une atmosphère d'effervescence et de curiosité intellectuelle qui les rendait tous heureux d'aller à l'école. Voilà ma pédagogie préférée : la dynamique des bons élèves doit profiter absolument à ceux qui sont au départ, pour toutes sortes de raisons, inhibés par l'école ." Jean-Marie Petitclerc, prêtre, polytechnicien, éducateur spécialisé, directeur de l'association Le Valdocco --- ICI