Dimanche: grain de sénevé et ruine du Temple (Bréviaire)
Alexandre -  2010-11-13 22:12:41

Dimanche: grain de sénevé et ruine du Temple (Bréviaire)

Christ en gloire (cath. de Parme, Italie) Dimanche 14 Novembre 2010 I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1960) VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE (Ce dimanche, les lectures des deux premiers nocturnes sont celles du Quatrième dimanche de Novembre et celles du troisième nocturne du Sixième dimanche après l’Épiphanie) Premier Nocturne Commencement du livre d’Osée, le Prophète (ch. 1) 1. (vv. 1-3) Parole du Seigneur qui fut adressée à Osée, le fils de Béeri, au temps d’Ozias, de Jotham, d’Achaz et d’Ezéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. Lorsque le Seigneur commença de parler par Osée le Seigneur lui dit: «Va, épouse une femme portée à l’infidélité et accepte les enfants nés de l’infidélité car vraiment le pays, en abandonnant le Seigneur se livre à l’infidélité.» Il s’en alla donc prendre Gomer, fille de Diblaim, qui conçut et lui enfanta un fils. 2. (vv. 4-7) «Appelle-le Yizréel, lui dit le Seigneur, car un peu de temps encore et je ferai payer à la maison de Jéhu les massacres de Yizréel, et je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël. Ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Yizréel.» Elle conçut à nouveau et enfanta une fille. «Appelle-la Non-Aimée, lui dit le Seigneur, car désormais je n’aimerai plus la maison d’Israël pour lui pardonner encore. Mais j’aimerai la maison de Juda et je les sauverai par le Seigneur, leur Dieu. Je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par la guerre, ni par les chevaux, ni par les cavaliers.» 3. (vv. 8-11) Elle sevra Non-Aimée, conçut encore et enfanta un fils. «Appelle-le Pas-ton-Peuple, dit le Seigneur, car vous n’êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu.» Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer, qui ne se compte ni ne se mesure. Au lieu de leur dire: Vous n’êtes pas mon peuple, on les appellera fils du Dieu vivant. Les enfants de Juda et ceux d’Israël se réuniront, ils se donneront un chef unique et monteront hors du pays; car il sera grand le jour de Yizréel. Deuxième Nocturne Du livre sur la «Cité de Dieu», de saint Augustin, évêque (18, 28 : PL 41, 584) 4. Le prophète Osée a un langage si profond que sa pénétration en est d’autant plus laborieuse. Mais je dois lui emprunter quelque passage et, suivant ma promesse, l’exposer ici. «Au lieu de les nommer, dit-il, Vous n’êtes pas mon peuple on les appellera fils du Dieu vivant.» Ce témoignage prophétique se rapporte à la vocation du peuple des nations qui tout d’abord n’appartenait pas à Dieu. C’est en ce sens que les Apôtres aussi l’ont compris. 5. Et comme ce peuple des nations est aussi, selon l’esprit, au nombre des fils d’Abraham et donc appelé avec raison Israël, le Prophète poursuit et il dit: «Les enfants de Juda et ceux d’Israël se réuniront. Ils se donneront un chef unique et déborderont de leur territoire.» Vouloir expliquer encore ce passage, ce serait affadir la parole prophétique. Qu’on se souvienne toutefois de cette pierre d’angle et de ces deux murailles l’une composée des Juifs, l’autre, des nations. Reconnaissons l’une sous le nom de Juda, l’autre sous le nom d’Israël, toutes deux bien assemblées, s’appuyant l’une sur l’autre, se donnant un chef unique et débordant de leur territoire. 6. Quant à ces Israélites selon la chair qui maintenant encore refusent de croire au Christ, le même Prophète annonce qu’ils croiront un jour. Leurs fils, ai-je voulu dire, car pour eux, par la mort ils passeront en leur lieu. «Pendant de longs jours, dit-il, les enfants d’Israël resteront sans roi et sans chefs sans sacrifice ni stèle, sans sacerdoce ni révélations.» Qui ne reconnaîtrait ici l’état présent des Juifs? Troisième Nocturne Suite du saint Évangile selon saint Matthieu (13, 31-35 ; trad. du Lectionnaire de 1964-65) 7. En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable au grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences; mais quand elle a poussé, c’est la plus grande de toutes les plantes potagères, et elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent loger dans ses branches.» Il leur dit une autre parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable au levain que prend une femme et qu’elle introduit dans trois mesures de farine jusqu’à ce que le tout ait levé.» Jésus dit tout cela aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans paraboles, afin que s’accomplît ce qui fut dit par le prophète: J’ouvrirai la bouche en paraboles, je proclamerai ce qui était caché depuis l’origine du monde (Ps 77, 2). Grains de moutarde Homélie de saint Jérôme, prêtre (Commentaire sur S. Matthieu, 2, 13, 32; texte latin & autre trad. française: SC 242, 276-279) Le Royaume des Cieux, c’est la prédication de l’Évangile et la connaissance des Écritures qui conduit à la vie et dont le Seigneur dit aux Juifs: «Le Royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à une nation qui en produira les fruits.» Ce Royaume est donc comparable au grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ.» Cet homme qui ensemence son champ, beaucoup ont compris que c’était le Sauveur parce qu’il ensemence l’âme des croyants; selon d’autres, c’est l’homme lui-même qui ensemence son champ, c’est-à-dire soi-même, et son cœur. 8. Qui donc ensemence, sinon notre intelligence et notre âme? Elle accueille le grain de la prédication, prend soin de la semence, la fait germer par l’humidité de la foi, dans le champ de son cœur. La prédication de l’Évangile est le plus humble de tous les enseignements. C’est vrai, pour son premier exposé, la prédication de l’Homme-Dieu, du Christ mort, du scandale de la croix, elle n’a pas la vraisemblance de la vérité. Compare donc un tel enseignement aux principes des philosophes, à leurs livres, à la splendeur de leur éloquence et à l’ordonnance de leurs discours, et tu verras: la semence de l’Évangile est de loin la plus petite de toutes les semences. 9. Mais lorsque celles-là ont grandi, elles ne présentent rien de pénétrant, rien de vigoureux, rien de vivace, mais tout est frêle, et flétri, et languissant et produit en abondance des herbes et des plantes qui bien vite, dessèchent et tombent. Quant à la prédication qui paraissait petite en son début, à peine semée, soit dans l’âme du croyant, soit dans le monde entier, elle ne se développe pas comme une herbe, mais grandit comme un arbre, si bien que les oiseaux du ciel, – en qui nous devons voir ou les âmes des croyants, ou les forces consacrées au service de Dieu – viennent habiter dans ses branches. Les branches de l’arbre évangélique qui s’est développé à partir du grain de sénevé sont, je pense, les différents dogmes dans lesquels se repose chacun des oiseaux mentionnés plus haut. II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961-1969) VINGT-CINQUIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE (Ce dimanche, les lectures des deux premiers nocturnes sont celles du Quatrième dimanche de Novembre et celles du troisième nocturne du Sixième dimanche après l’Épiphanie) Au Nocturne Commencement du livre d’Osée, le Prophète (ch. 1) 1. (vv. 1-3) Parole du Seigneur qui fut adressée à Osée, le fils de Béeri, au temps d’Ozias, de Jotham, d’Achaz et d’Ezéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël. Lorsque le Seigneur commença de parler par Osée le Seigneur lui dit: «Va, épouse une femme portée à l’infidélité et accepte les enfants nés de l’infidélité car vraiment le pays, en abandonnant le Seigneur se livre à l’infidélité.» Il s’en alla donc prendre Gomer, fille de Diblaim, qui conçut et lui enfanta un fils. 2. (vv. 4-11) «Appelle-le Yizréel, lui dit le Seigneur, car un peu de temps encore et je ferai payer à la maison de Jéhu les massacres de Yizréel, et je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël. Ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Yizréel.» Elle conçut à nouveau et enfanta une fille. «Appelle-la Non-Aimée, lui dit le Seigneur, car désormais je n’aimerai plus la maison d’Israël pour lui pardonner encore. Mais j’aimerai la maison de Juda et je les sauverai par le Seigneur, leur Dieu. Je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par la guerre, ni par les chevaux, ni par les cavaliers.» Elle sevra Non-Aimée, conçut encore et enfanta un fils. «Appelle-le Pas-ton-Peuple, dit le Seigneur, car vous n’êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu.» Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer, qui ne se compte ni ne se mesure. Au lieu de leur dire: Vous n’êtes pas mon peuple, on les appellera fils du Dieu vivant. Les enfants de Juda et ceux d’Israël se réuniront, ils se donneront un chef unique et monteront hors du pays; car il sera grand le jour de Yizréel. Suite du saint Évangile selon saint Matthieu (13, 31-35 ; trad. du Lectionnaire de 1964-65) 3. En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable au grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences; mais quand elle a poussé, c’est la plus grande de toutes les plantes potagères, et elle devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent loger dans ses branches.» Il leur dit une autre parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable au levain que prend une femme et qu’elle introduit dans trois mesures de farine jusqu’à ce que le tout ait levé.» Jésus dit tout cela aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans paraboles, afin que s’accomplît ce qui fut dit par le prophète: J’ouvrirai la bouche en paraboles, je proclamerai ce qui était caché depuis l’origine du monde (Ps 77, 2). Homélie de saint Jérôme, prêtre (Commentaire sur S. Matthieu, 2, 13, 32; cf. SC 242, 276-277) Le Royaume des Cieux, c’est la prédication de l’Évangile et la connaissance des Écritures qui conduit à la vie et dont le Seigneur dit aux Juifs: «Le Royaume de Dieu vous sera enlevé et il sera donné à une nation qui en produira les fruits.» Ce Royaume est donc comparable au grain de sénevé qu’un homme prend et sème dans son champ.» Cet homme qui ensemence son champ, beaucoup ont compris que c’était le Sauveur parce qu’il ensemence l’âme des croyants; selon d’autres, c’est l’homme lui-même qui ensemence son champ, c’est-à-dire soi-même, et son cœur. Christ en gloire, par le b. Fra Angelico III. COMMENTAIRE PATRISTIQUE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002 TRENTE-TROISIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (Cycle des lectures C) La Liturgia Horarum, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Or, le passage de ce jour figure en majeure partie, dans les éditions du Missel romain antérieures à la réforme de 1970, au Commun de plusieurs Martyrs (Messe Intret). On a donc donné ci-après le commentaire que le Bréviaire Romain de 1961 donne de ce passage. Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (21, 5-19; traduction liturgique officielle) Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit: «Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre: tout sera détruit.» Ils lui demandèrent: «Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser?» Jésus répondit: «Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant: ‘C’est moi’, ou encore: ‘Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas: il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin.» Alors Jésus ajouta: «On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel. Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.» Homélie de saint Grégoire, pape (Homélies sur les évangiles 35, 1; texte latin et autre traduction française: SC 522, 368-371; la traduction suivante est due aux moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux) Le Seigneur, notre Rédempteur, nous annonce les maux qui précéderont la fin du monde, pour que nous soyons d’autant moins perturbés lorsqu’ils surviendront que nous les aurons connus d’avance. Car les traits blessent moins quand on peut les voir venir, et les malheurs du monde nous semblent moins intolérables si nous nous en protégeons par le bouclier de la prévoyance. Voici en effet que le Seigneur nous dit: «Quand vous entendrez parler de combats et de guerres civiles, ne vous effrayez pas, car il faut d’abord que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin.» Il faut méditer ces paroles de notre Rédempteur : elles nous annoncent que nous aurons à souffrir au-dedans et au-dehors. Car les combats sont relatifs à des armées ennemies, les guerres civiles à des concitoyens. Et si le Seigneur nous déclare que nous aurons à souffrir ici des armées ennemies et là de nos frères, c’est pour nous faire voir que nous serons mis dans le trouble tant au-dedans qu’au-dehors. Mais ces maux préalables ne devant pas être aussitôt suivis de la fin, il ajoute: «Les nations se dresseront contre les nations, et les royaumes contre les royaumes; il y aura de grands tremblements de terre, des pestes et des famines en divers lieux, des phénomènes effrayants venant du ciel, et de grands prodiges.» Ou, selon certaines variantes : «des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes», à quoi s’ajoute: «de grands prodiges». L’ultime tribulation est précédée de nombreuses autres, et ces maux fréquents qui arriveront les premiers ne feront que signaler les maux éternels qui les suivront. Ainsi, ce ne sera pas encore la fin après les combats et les guerres civiles, car il faut une longue suite de malheurs pour annoncer un malheur qui ne doit pas avoir de fin. Mais là où sont énoncés tant de signes de dérangement, un rapide examen de chacun d’eux s’impose à nous, puisqu’il nous faut souffrir telles choses du ciel, telles de la terre, telles des éléments et telles des hommes. Quand le Seigneur déclare: «Les nations se dresseront contre les nations», il s’agit d’un désordre venant des hommes; lorsqu’il dit : «Il y aura en divers lieux de grands tremblements de terre», il fait allusion aux effets de la colère d’en haut; «il y aura des pestes» concerne le dérèglement des corps; «il y aura des famines» désigne la stérilité de la terre; «des phénomènes effrayants venant du ciel et des tempêtes» décrit le dérèglement de l’atmosphère. Puisque toutes choses doivent être détruites, toutes sont ainsi ébranlées avant leur destruction. Et nous qui avons péché par toutes ces choses, nous sommes aussi frappés par toutes, afin de réaliser ce qui a été dit: «Le monde entier combattra pour lui contre les insensés.» (Sg 5, 20). Oraison (absente du MR 1962) Da nobis, quǽsumus, Dómine Deus noster, in tua semper devotióne gaudére, quia perpétua est et plena felícitas, si bonórum ómnium iúgiter serviámus auctóri. Traduction du P. Patrick Hala Nous t’en prions, Seigneur notre Dieu, accorde-nous de toujours trouver notre joie dans notre dévouement pour toi, car c’est dans le service constant de l’auteur de tous biens (que se trouve) le bonheur durable et plénier.