J'ajoute qu'il y a un lien entre
Tibère -  2010-11-09 07:07:40

J'ajoute qu'il y a un lien entre

la situation actuelle de l'Eglise où l'autorité ne peut plus s'imposer naturellement et la politique, plus ou moins déficiente, de nominations dans l'épiscopat et la curie romaine. En effet, que le pape ne puisse pas réformer par décret, on ne peut que le comprendre. Ceux qui reprochent à Benoît XVI son manque d'autorité et d'allant doivent avoir présents à l'esprit l'état de délabrement avancé de l'Eglise, d'évaporation de l'autorité (souvent avec l'appui conscient ou inconscient de l'autorité même) et de contestation permanente. Toutefois, c'est justement parce que les canaux habituels de l'autorité et son exercice même sont hors circuit qu'il est nécessaire pour tout pontife romain soucieux de préparer la restauration de pratiquer une politique hardie de nominations. Or, tel n'est pas le cas. Les nominations restaurationnistes voisinent avec des promotions modérées voire libérales. On objecte souvent que Benoît XVI avance avec prudence et patience. C'est vrai. Je crois aussi qu'il est très attaché à une certaine éthique de la discussion qui l'empêche de considérer qu'il y a des ennemis à ne pas promouvoir. Et puis, la prudence et la patience sont de très belles vertus qui peuvent être cultivées lorsque le pontificat peut, a priori, se déployer sur 20 ou 30 ans. Mais lorsque le temps est compté, c'est laisser véritablement aux ennemis de la restauration - et ils sont nombreux - le temps de préparer leur retour aux affaires -qu'ils n'ont d'ailleurs pas vraiment quittées.