non point de "tournants" ....
Luc Perrin -  2010-11-05 01:37:54

non point de "tournants" ....

1933 (Reichskonkordat) est remarquablement expliqué au contraire par les intervenants et très conforme à ce qui s'écrit sur le sujet, sauf par Mme Lacroix-Riz évidemment. L'émission ne parle pas d'une opposition du Saint-Siège au ralliement (lâche) du Zentrum, aucunement. Il est posé la question d'une pression du Saint-Siège, pas prouvée jusqu'à présent, en faveur de ce ralliement mais sans conclure : ce qui correspond à l'état de la question. Il est par ailleurs bien expliqué que le Reichskonkordat visait à sauver les meubles et à éviter un nouveau Kulturkampf dont Rome avait la hantise ; il est expliqué enfin que Rome n'avait plus aucune carte en main au moment des négociations, la "mise au pas" ayant été très rapide. Tout cela aussi correspond à l'état de la question. 1935 ? vous voulez dire 1934 je pense car l'assassinat de Dollfuss date de cette année. Je n'ai pas épluché l'O.R. de ces années mais je n'ai jamais lu dans aucun livre qu'il y ait eu une quelconque sympathie envers le IIIe Reich à aucun moment. 1935 un tournant ? Je ne vois vraiment pas, au contraire Mgr Pacelli temporise plutôt jusqu'en 1936 au moins pour la condamnation qui allait venir en 1937 (Mit brennender Sorge) mais se préparait depuis 1934 : on dispose maintenant d'une genèse du texte. Pacelli qui durcit au final le texte, preuve fournie par ses corrections manuscrites. 1939 un tournant ? quel nombrilisme hexagonal mon cher Presbu ... la poignée d'irréductibles de l'A.F. réconciliée bon très bien. Mais il s'agit du Saint-Siège dans ses rapports au monde alors en soi l'événement est modeste mais, au premier semestre 1939, il y avait des nouvelles autrement plus graves à la une : le tournant, un vrai, de Chamberlain, les menaces puis l'attaque de la Tchécoslovaquie, la guerre déjà commencée Chine-Japon, la fin misérable de la guerre d'Espagne etc. Le poids de Ch. Maurras et de ses amis sur la marche du globe était, convenez en, infime voire inexistante. La levée n'affecte que l'Église de France : il est logique qu'elle n'ait pas été citée, pas plus que l'affaire des prêtres-ouvriers qui pourtant a eu un retentissement mondial.