Une canonisation est-elle infaillible ?
Jean Ferrand - 2010-10-27 17:17:57
Une canonisation est-elle infaillible ?
C'est l'opinion commune, et je crois que c'est la thèse, et la conviction, de la Congrégation pour la Cause des Saints, elle-même.
Pourtant, à mon mon humble avis, ce n'est pas une vérité de foi. Ce n'est pas défini expressément par le magistère suprême de l'Eglise, pape ou concile oecuménique.
En bon thomiste, il m'appert que pour qu'une déclaration officielle du magistère soit infaillible, il faut deux conditions : la matière et la forme.
La matière, en l'état, c'est qu'il s'agisse d'une vérité de foi ou de morale appartenant au domaine révélé, Ecriture ou Tradition apostolique. Or il est certain que la Révélation proprement dite s'arrête à la mort du dernier apôtre, en l'occurence saint Siméon, ou Simon, évêque de Jérusalem, et mort, d'après l'historien de l'Eglise, Eusèbe de Césarée, vers l'an 120; et non pas l'apôtre et évangéliste saint Jean comme on le dit habituellement, mais à tort, et qui est décédé vers la fin du premier siècle.
La forme, c'est la déclaration solennelle du magistère adressée à toute l'Eglise.
Dans le cas d'une canonisation, il y a effectivement la forme, mais non pas la matière. Car la sainteté d'un fidèle postérieur à l'âge apostolique n'appartient évidemment pas au donné révélé.
Quid vobis videtur ?
J'ajoute que les procédures de canonisation dans l'Eglise sont relativement récentes et ne remonte pas, par conséquent, à l'âge apostolique : nouvel indice pour soutenir qu'elles ne sont pas, formellement, infaillibles.
Autre argument : je puis citer un saint : saint Urbain V, pape d'Avignon, considéré comme saint dans le nouveau calendrier liturgique de Paul VI, et qui n'a jamais été canonisé. Il fut seulement béatifié par Pie IX, en 1870, je crois.