enflure non mais bizarrerie oui
Luc Perrin -  2010-10-21 22:29:42

enflure non mais bizarrerie oui

ou naïveté telle qu'elle en est inquiétante. Si j'en juge par vos critères : "Et jamais on ne dira : un tel a été nommé parce qu'il a une grande réputation de Sainteté ! Jamais on ne dira celui-ci a été nommé parce qu'il est un ardent défenseur de la Foi !" (Arvernis) Ah bon pour être créé cardinal, il faudrait "une grande réputation de Sainteté" avec la majuscule en prime on ne sait pourquoi. Et bien les consistoires réuniraient vraiment peu de gens avec un tel critère, outre que la sainteté s'apprécie canoniquement après la mort, même si la réputation/l'odeur précède. Quant au 2è critère, qui s'applique très bien à Mgr Ranjith par exemple, il est en théorie commun à tous les évêques, à tous les prêtres, à tous les religieux/religieuses et à tous les baptisés : même si entre les uns et les autres, l'ardeur n'est pas toujours au rendez-vous, je vous l'accorde. Bref vos 2 critères sont quasiment impraticables. Outre qu'ils font penser à une Église des élus/des saints qui fleure le protestantisme ou le repli sectaire, il y a une autre raison pour les laisser sur la liste des autres critères, liste dont nous ne disposons pas. C'est que les nominations ne sont pas accompagnées d'une motivation officielle : aucun pape ne justifie, c'est mieux ainsi, ses choix sur cette terre. Ils ont, bien sûr, à en répondre comme de nos choix à tous, les vôtres Arvernis comme les miens, dans l'autre monde. Les motivations, c'est à nous de les supputer : journalistes, vaticanologues, historiens, simples baptisés. Elles sont, de fait, souvent plus prosaïques que les deux que vous voudriez exclusives. Les usages (attribution liée à un siège, à une fonction curiale), les dosages complexes entre écoles théologico-pastorales et nationalités/continents, les amitiés/relations personnelles, tous ces facteurs interviennent, mais rien ne dit que pour l'un ou l'autre vos 2 critères soient absents, de consistoire en consistoire. Si je prends le Siècle des Saints (XVIIe), dois-je mentionner les cardinaux Mazarin et de Retz comme exemples de saints et d'ardents défenseurs de la foi ? Même s'ils ont aussi, à l'occasion, défendue cette dernière. "Église démocratique" alors au XVIIe siècle ? En bref l'Église en la matière est fidèle à une tradition (des traditions) pluriséculaire(s) et il n'y a pas lieu de lui faire ce mauvais procès. L'Église est infaillible, en certaines matières de foi et de moeurs, mais ses membres ne le sont pas, cela inclut les nominations partout qui peuvent se révéler heureuses ou malheureuses, l'histoire le dit par la suite. Désolé de devoir enfoncer à grands coups d'épaule cette porte bien ouverte.