L'évolution n'est pas une doctrine
Jean Ferrand - 2010-10-13 11:04:42
L'évolution n'est pas une doctrine
L'évolution n'est pas une doctrine. Elle est une hypothèse. Car dans le domaine scientifique il n'existe pas de 'doctrine' apodictique, mais rien que des probabilités, plus ou moins fortes.
Le problème c'est que du point de vue archéologique, l'évolution est déjà hautement probable (on ne voit pas comment il aurait pu en être autrement). Et du point de vue génétique, elle est quasiment cetaine.
Le pape Jean-Paul II l'a reconnu lui-même, dans une audience, en affirmant que l'évolution était plus qu'une hypothèse. Il voulait dire par là qu'elle était quasiment démontrée.
Pie XII, dans l'encyclique Humani Generis, a admis qu'on pouvait accepter la théorie de l'évolution à la condition expresse de maintenir le monogénisme de l'espèce humaine. A cause, bien sûr, de la doctrine (cette fois oui) du péché originel.
Car le véritable problème scientifique est là : c'est celui de la discrimination entre le polygénisme et le monogénisme.
Or la science moderne confirme absolument le monogénisme des espèces. L'évolution est essentiellement monophylétique et irréversible. C'est à dire qu'elle ne retourne jamais en arrière.
Nous descendons tous d'un même couple, les premiers Homo Sapiens (homines sapientes).
Toutes les espèces vivantes descendent obligatoirement d'un seul couple.
Tous les chiens descendent d'un seul chien, qui lui-même appartenait à la race des loups gris, et qui vivait quelque part en Mongolie, il y a environ 16.000 ans : ce qui est très récent en termes géologiques.
Le père Jouachim a dit un jour dans un sermon que pour les scientifiques l'homme n'était qu'un singe évolué. Non car l'homme ne descend pas d'un singe. Mais plutôt, faut-il dire, l'homme et le singe ont une origine commune située approximativent entre 4 et 6 millions (!) d'années dans le passé. Disons 5 millions pour arrondir. Ce qui est (à notre échelle) énorme. Nous sommes cousins, mais cousins fort éloignés. Notre patrimone génétique est cependant identique à plus de 99 %. Etant d'origine paysanne, je n'ai jamais douté, pour ma part, de notre parenté avec les animaux. Nous ne sommes que des animaux mais rationnels, et susceptibles d'être élevés à l'état surnaturel. Ce qui nous distingue des autres espèces.
Quelqu'un a demandé ironiquement si le péché originel avait été commis par un singe ou par homme. Par un anthropoïde, certainement, mais parvenu, grâce à Dieu au stade de la rationalité. Notre ancêtre commun, Adam (le terrestre) et sa femme Eve (la vivante).
Aristote disait déjà que l'homme était un animal raisonnable : animal par le genre, raisonnable, ou plutôt rationnnel, par l'espèce. En ce sens j'ai conscience d'être aristotélicien.
L'enseignement officiel de l'Eglise ne méprise aucunement les recherches scientifiques entreprises dans la question des origines, aussi bien du Cosmos tout entier que de l'espèce humaine. Voici ce qu'écrit le Catéchisme de l'Eglise catholique, qui pour nous fait autorité: "La question des origines du monde et de l'homme fait l'objet de nombreuses recherches scientifiques qui ont magnifiquement enrichi nos connaissances sur l'âge et les dimensions du cosmos, le devenir des formes vivantes, l'apparition de l'homme. Ces découvertes nous invitent à admirer d'autant plus la grandeur du Créateur, à Lui rendre grâce pour toutes ses oeuvres et pour l'intelligence et la sagesse qu'Il donne aux savants et aux chercheurs." (N° 283).
Les théories du Big Bang, et de l'évolution, si je résume bien, louent le Créateur.