Nous sommes donc le 6 juin 1982, à 3 heures du matin, dans un tank aux ordres d'un officier communiquant par talkie-walkie, téléguidé vers une petite ville rayée de la carte ("Allez vérifier qu'il n'en reste rien"), enclin à tirer sur tout ce qui bouge, à abriter le cadavre d'un compatriote le temps qu'un hélicoptère vienne l'en débarrasser, sommé de violer le code international qui interdit l'usage des bombes au phosphore ("A la place de phosphore, on dira fumée ardente !"), de tirer sur des terroristes preneurs d'otages, de sortir de la zone sous contrôle syrien où le tank s'est malencontreusement aventuré.
Et puisque l'article du Monde se garde d'en parler, j'ajoute, car c'est un long passage du film: Et de tirer sur des familles suppliantes (enfants, femmes, pères, vieillards), innocentes d'évidence, aux intérieurs enfoncés par les chars, où pendent des tableaux de la Vierge à l'Enfant et de la Sainte Famille... Cela laisse groggy!