Préférons-nous l'indifférent François MITTERRAND ou le laïcard Jacques CHIRAC
Athanase - 2010-10-09 21:02:34
Préférons-nous l'indifférent François MITTERRAND ou le laïcard Jacques CHIRAC
Dans un combat comme le nôtre, tout compte: les discours, les positions, mais aussi les gestes, mêmes petits. Mêmes anodins. Or, la vie politique française se manifeste par une indifférence, voire une hostilité de plus en plus forte à l'égard de l'Eglise. Plutôt que des haussements d'épaule, réjouissons-nous du fait que le premier élu de France ose encore se signer.
Se signer, c'est toujours, quoi qu'on en dise, montrer qu'on considère qu'il y a quelque chose de plus grand que soi. Se signer, c'est aussi solliciter la grâce. Se signer, c'est enfin montrer que le corps ecclésial compte. Cela reste important quand on voit que des laïcards acharnés n'arrêtent pas de critiquer une Eglise qui, pourtant, est affaiblie depuis 40 ans et a même tenté de pactiser. Ils critiquent l'Eglise comme si Elle était prédominante dans la société ! Alors que ses églises ferment, que ses séminaires se vident et que la Foi disparaît de la plupart des foyers en France. Jean-Claude Guillebaud parlait du syndrome de la poupée gonflable qui consiste à recréer un adversaire qui a disparu (exemple de l'antisémitisme sans Juifs dans certains pays où ces derniers ont disparu). Bref, en se signant, et surtout en se rendant à Rome, Nicolas SARKOZY reconnaît, même de manière brouillonne, qu'"avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, – elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservé la Tradition qui vient des apôtres." (Saint Irénée, Aversus haereses III, 3, 2).
Quand on regarde ce qui s'est passé depuis 30 ans, que de progrès ! Entre un François MITTERRAND qui recevait le pape à titre de visite privée, un Jacques CHIRAC qui, en 1996, recommandait à ses ministres de se tenir à distance lors des messes papales et s'excusait de toute référence chrétienne, on se retrouve avec un Nicolas SARKOZY ne parle pas seulement de "laïcité positive" mais assume l'empreinte catholique quasiment exclusive de l'Eglise sur la France, quelle différence ! Je préfère encore la visite de 2007, l'accueil de 2008 et la visite d'hier que le discours consternant de Jacques CHIRAC , Président français qui intériorisa le mieux l'inversion des valeurs.
On imagine ce qu'ile en aurait été avec Ségolène ROYAL, plus occupée à se pencher sur la sexualité des adolescents qu'à réfléchir à une transcendance qui dépasse l'existence humaine. On imagine aussi le laîcard BAYROU dont le laïcisme n'a rien à envier à Marc BLONDEL.
Nicolas SARKOZY n'est ni un chef d'Etat catholique, ni même un chrétien individuellement exemplaire, mais en allant à Rome, il s'incline devant le successeur du prince des Apôtres.
Dans nos difficultés actuelles, cela n'est certainement pas rien. C'est peu, mais c'est appréciable que cela vienne du président de la République.