Quelques lignes pour notre temps...
Justin Petipeu - 2010-10-04 22:08:01
Quelques lignes pour notre temps...
En 1976, le Père Avril recevait Michel de Saint-Pierre et Maurice Clavel pour une émission radiodiffusée consacrée au concile.(...)
Michel de Saint-Pierre reproche à Clavel de faire du concile "une critique sévère" : "ce sont les textes qui valent, non les bouillonnements autour du concile. Vous venez de faire du concile une critique que je veux réexaminer".
Clavel n'est pas très féru de littérature conciliaire mais il n'est pas homme à reculer : "Je vous propose de vous appuyer sur des textes précis". Et de citer Gaudium et Spes : "L'Eglise tient en haute estime les dynamismes de notre temps. L'homme est en marche vers un développement plus large." Et Clavel commente : "Si on gratte un peu, c'est un éloge de la culture de notre temps qui depuis deux siècles est la culture même de la mort de Dieu. L'Eglise félicite ceux-là mêmes qui l'ont détruite. Elle ratifie en profondeur la culture athée".
Le père Avril : "Le concile s'est trouvé en face d'un monde complexe, l'adaptation aux diverses cultures pose un problème missionnaire". Clavel rétorque :"Saint Paul est allé au monde mais pour en casser la culture.(...) Pour aller au monde, il ne suffit pas d'en savoir l'adresse. Allons ! Il suffisait d'un peu de philosophie pour savoir que la culture moderne est la culture du blasphème, de l'extermination de toute religion...Ils se sont fait avoir ! Ils se sont fait baiser : la religion de Dieu fait homme est difficile ; celle de l'homme fait Dieu est facile, naturelle, spontanée ; c'est celle du narcissisme enfantin selon Freud. Il y a deux positions : s'ouvrir le monde par bris et effraction, comme les premiers martyrs, ou s'ouvrir au monde".
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Michel de Saint-Pierre apporte du renfort au révérend père : "je n'ai pas repoussé le concile mais les abus d'interprétation des épiscopats, pas toujours férus de la science de Dieu. Le concile a été trahi ; ses textes n'ont pas de rigueur suffisante pour empêcher les abus."
Ce dernier aveu, Clavel s'en empare :
"Les textes conciliaires font penser à ce noir qui voulait divorcer : "- elle parle, elle parle, elle parle.... - de quoi ? dit le juge. - Ah ça, elle ne le dit pas !"
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Autour d'une cassette, Clavel et le concile - Notes critiques. in Itinéraires, n° 297.