? 1926 vengeance de la Secrétairie d'État contre les intransigeantistes?
Presbu -  2010-10-04 17:34:27

? 1926 vengeance de la Secrétairie d'État contre les intransigeantistes?

Il va falloir lire cette "Revue d'Histoire Diplomatique" et recouper ce qu'elle peut apporter de neuf sur la "condamnation de l'Action Française". En effet, une des questions mal éclaircies à ce sujet, c'est l'entorse faite par Pie XI à toutes les bonnes règles de procédure, en court-circuitant totalement le Saint-Office: celui-ci était naturellement compétent pour condamner éventuellement les hérésies en morale sociale comme en doctrine politique, et bien équipé pour les juger - peut-être sans assistance d'un défenseur mais toujours avec la précaution de deux rapporteurs différents. (Nous savons d'ailleurs par J PRÉVOTAT qu'en 1914, sur certaines oeuvres de MAURRAS, l'un des rapporteurs ne concluait pas à la condamnation: ce qui nous manque hélas! , ce sont les textes respectifs des deux consulteurs.) En tant que juriste, je diagnostique dans cet engrenage un "détournement de procédure" qui viciera toute l'opération aux yeux des historiens futurs. ---> il semblerait que le Pape ait fait appel en 1926 à quelque diplomate "zelante' pour éliminer une famille de pensée accusée de lui avoir mis des bâtons dans les roues en 1924-1925: puisque les accords Briand-Gasparri permettaient une coexistence passable entre Rome et la République Française, ne fallait-il pas faire payer leur "non-ralliement" à ces adversaires d'un armistice: ce dernier était pour les sillonistes un prélude à la paix, mais celle-ci passait par la fin du blocage politico-religieux royaliste, certes discutable qui empêchait le blocage politico démocrate-chrétien (non moins discutable d'ailleurs) de recruter et de prospérer. ---> De plus, la critique de MAURRAS délégitimait le parti chrétien-social belge, installé dans la médiocrité et les compromis. ---> Confiée à des exécutants incompétents, l'offensive improvisée contre l'AF prit pour argent comptant les allégations polémiques du belge PASSELCQ, sans les vérifier, et les fit remouliner par un cardinal pas trop malin, couvert par une approbation pontificale sans la moindre restriction : d'où l'impossibilité - constatée après coup - de bétonner par une encyclique bien charpentée la répression impitoyable qui devait suivre.