Dimanche: invités à la noce et grain de sénevé (bréviaire)
Alexandre - 2010-10-02 22:02:27
Dimanche: invités à la noce et grain de sénevé (bréviaire)
Dimanche 3 Octobre 2010
Aujourd’hui, il est possible (mais pas obligatoire) de célébrer la solennité extérieure de Notre-Dame du saint Rosaire.
I. BRÉVIAIRE ROMAIN (en vigueur jusqu’en 1960)
DIX-NEUVIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(PREMIER D’OCTOBRE)
Premier Nocturne
Commencement du premier livre des Machabées (ch. 1)
1. (vv. 1-7) Or, il arriva qu’après qu’Alexandre le Macédonien, fils de Philippe qui régna le premier dans la Grèce, fut sorti de la terre de Céthim, et qu’il eut frappé Darius, roi des Perses et des Mèdes, il livra de nombreux combats, et s’empara des villes fortes de toutes les nations, et tua les rois de la terre, et il passa jusqu’aux confins de la terre, et il s’empara des dépouilles de la multitude des nations, et la terre se tut en sa présence. Et il assembla des forces, et une armée des plus puissantes, et son cœur s’éleva et s’enfla. Et il se rendit maître des contrées des nations ainsi que des rois, et ils devinrent ses tributaires. Et après cela, il se mit au lit, et il connut qu’il mourrait. Et il appela ses serviteurs, les grands qui avaient été nourris avec lui dès la jeunesse, et il leur partagea son royaume pendant qu’il vivait encore.
2. (vv. 8-11) Or Alexandre régna douze ans, et il mourut. Et ses serviteurs possédèrent un royaume, chacun dans son lieu. Et ils prirent tous le diadème après sa mort, et leurs fils après eux, durant beaucoup d’années, et les maux se multiplièrent sur la terre. Et il sortit d’eux une racine pécheresse, Antiochus l’illustre, fils du roi Antiochus, qui avait été en otage à Rome; et il régna en l’année cent trente septième du règne des Grecs.
3. (vv. 12-16) En ces jours-là, sortirent d’Israël des fils iniques et ils conseillèrent un grand nombre, disant: «Allons, et faisons alliance avec les nations qui sont autour de nous; parce que depuis que nous nous sommes retirés d’elles, des maux nombreux sont tombés sur nous.» Et ce discours parut bon à leurs yeux. Et quelques-uns du peuple résolurent de se rendre auprès du roi, et il leur donna pouvoir de pratiquer le droit des nations. Et ils bâtirent un gymnase à Jérusalem, selon les lois des nations. Et ils cachèrent les marques de la circoncision, et ils se séparèrent de l’alliance sainte, et ils se joignirent aux nations, et se vendirent afin de faire le mal.
Le roi païen Antiochus pénètre violemment dans le Sanctuaire
Deuxième Nocturne
Du livre Des Devoirs, de saint Ambroise, Évêque (1, 40, 195-197; texte latin: CCL 15, 73-74)
4. Quelques-uns peut-être sont épris de la gloire des armes, au point de croire que la valeur guerrière est tout, et que j’ai évité d’en rien dire, parce que cette vertu manquerait chez les nôtres. Cependant quelle n’était pas la vaillance de Josué fils de Navé, qui, en une seule bataille, fit prisonniers cinq rois, les défaisant ainsi que leurs peuples? Pressant ensuite le combat contre les Gabaonites, et craignant que la nuit n’empêchât la victoire, il s’écria, dans la grandeur de sa foi et de son courage: «Que le soleil s’arrête»; et le soleil s’arrêta, jusqu’à ce que la victoire fût complète. Avec trois cents hommes, Gédéon triompha d’une nombreuse armée et d’un ennemi redoutable. Jonathas, encore adolescent, se distingua par de beaux faits d’armes.
5. Que dire des Machabées? Mais auparavant je mentionnerai cette troupe de juifs qui, déterminés à défendre le temple de Dieu et leurs saintes lois, s’étant vus attaqués déloyalement un jour de sabbat, au lieu de le violer, aimèrent mieux attendre sans armes les coups de l’ennemi, s’offrant ainsi tous avec joie au trépas. Mais ayant considéré que cet exemple, s’il était suivi, entraînerait la perte de la nation entière, les Machabées, étant eux-mêmes attaqués le jour du sabbat, surent venger la mort de leurs vertueux frères. Bientôt le roi Antiochus, irrité, alluma contre eux le feu de la guerre par ses généraux Lysias, Nicanor et Gorgias. Mais ses troupes d’Orientaux et d’Assyriens ne lui épargnèrent pas la honte de voir quarante-huit mille hommes battus par trois mille Juifs, au milieu de la plaine.
6. Appréciez la bravoure d’un capitaine tel que Judas Machabée, d’après ce que fit un de ses soldats. Eléazar ayant remarqué un éléphant plus haut que les autres et couvert de la housse royale, en conjectura qu’il portait le roi. Il courut donc de toutes ses forces se précipiter au milieu de la légion; et se débarrassant de son bouclier, il frappait, il tuait des deux mains, jusqu’à ce qu’il eût joint l’éléphant. Alors il se mit dessous, et le perça de son glaive. L’animal s’affaisa donc sur Eléazar, qui mourut sous cette masse. Quel courage! Il ne craint point la mort; enveloppé de légions d’ennemis, il s’élance contre leurs rangs épais, il fend le bataillon, et rendu plus audacieux par le mépris de la mort, il rejette son bouclier, il prend son glaive à deux mains, et se jetant sous le ventre de l’animal, il lui enfonce le fer dans le corps: enveloppé plutôt qu’écrasé par la bête gisante, il est enseveli dans son triomphe.
Troisième Nocturne
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu (22, 1-14; traduction du Lectionnaire français de 1964-65)
7. En ce temps-là, Jésus dit aux chefs des prêtres et aux pharisiens cette parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs convier aux noces les invités, mais ils ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant: “Dites aux invités: Voici que j’ai préparé mon festin, mes bœufs et mes volailles sont tués, tout est prêt: venez aux noces.” Mais ils n’en tinrent pas compte, et ils s’en allèrent l’un à son champ, l’autre à son commerce; quant aux derniers, ils empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. En l’apprenant, le roi se mit en colère; il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit aux serviteurs: “La noce est prête, mais les invités n’étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des routes, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.” Les serviteurs s’en allèrent sur les routes, ils rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives.
Or, le roi entra pour voir les convives; il vit là un homme qui ne portait pas le vêtement de noces, et il lui dit: “Mon ami, comment es-tu entréici sans avoir le vêtement de noces?” L’autre resta muet. Alors le roi dit aux serviteurs: “Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dans les ténèbres extérieures: là, seront les pleurs et les grincements de dents.”
Car beaucoup sont appelés mais peu sont élus.»
Homélie de saint Grégoire, Pape (Homélies sur les Évangiles 38, 2-3; texte latin et autre traduction française: SC 522, 454-459)
Je me souviens de vous avoir déjà dit souvent que, dans le saint Évangile, sous le nom de royaume des cieux, c’est, la plupart du temps, l’Église présente qui est désignée. L’assemblée des justes, en effet, est appelée royaume des cieux; car le Seigneur a dit par un Prophète: «Le ciel est mon trône» (Is 66, 1); Salomon assure que l’âme du juste est le siège de la sagesse (cf. Sg 7, 27-28); et saint Paul s’exprime ainsi: «Le Christ est la vet tu de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Co 1, 24). Si Dieu est la sagesse, et l’âme du juste le trône de la sagesse, comme d’autre part, le ciel est le trône de Dieu, nous devons évidemment en conclure que l’âme du juste est un ciel. De là cette parole du Psalmiste, appliquée aux saints prédicateurs: «Les cieux racontent la gloire de Dieu» (Ps 18, 1).
8. Ainsi, le royaume des cieux, c’est l’Église des justes. Comme leurs c’eurs n’aspirent à rien de terrestre et comme ils soupirent vers les choses d’en haut, le Seigneur règne déjà en eux comme dans les cieux. Lors donc que l’Évangile nous dit: «Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils» (Mt 22, 1); votre charité comprend quel est ce roi, père d’un fils également roi; le méme, sans aucnn doute, à qui s’adresse le Psalmiste: «Dieu, donnez votre jugement au roi, et votre justice au fils du roi» (Ps 71, 1). «Il fit les noces de son fils.» Effectivement Dieu le Père a fait les noces de Dieu son Fils, lorsqu’il l’unissait à la nature humaine dans le sein de la Vierge, quand il voulait que ce Fils, Dieu avant les siècles, se fit homme au cours des siècles.
9. Mais de ce que l’union conjugale ordinaire requiert deux personnes, n’allons pas nous imaginer que la personnalité de Jésus-Christ, notre Rédempteur, Dieu et homme tout ensemble, résulte de l’union de deux personnes. Nous affirmons, il est vrai, qu’il est de deux natures et subsiste en deux natures; mais le croire composé de deux personnes, nous en repoussons la pensée comme un blasphème. Il est donc plus clair et plus sûr de dire que le Père a lait les noces du roi son Fils, lorsqu’au moyen du mystère de l’Incarnation, il lui a uni la sainte Église. Le sein de la Vierge-Mère fut le lit nuptial de cet époux. Aussi bien David chante encore: «Il a placé sa tente dens le soleil; et lui-même est comme un époux qui sort de sa chambre nuptiale» (Ps 18, 6).
II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961)
DIX-HUITIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE
(PREMIER D’OCTOBRE)
Au Nocturne
Commencement du premier livre des Machabées (ch. 1)
1. (vv. 1-7) Or, il arriva qu’après qu’Alexandre le Macédonien, fils de Philippe qui régna le premier dans la Grèce, fut sorti de la terre de Céthim, et qu’il eut frappé Darius, roi des Perses et des Mèdes, il livra de nombreux combats, et s’empara des villes fortes de toutes les nations, et tua les rois de la terre, et il passa jusqu’aux confins de la terre, et il s’empara des dépouilles de la multitude des nations, et la terre se tut en sa présence. Et il assembla des forces, et une armée des plus puissantes, et son cœur s’éleva et s’enfla. Et il se rendit maître des contrées des nations ainsi que des rois, et ils devinrent ses tributaires. Et après cela, il se mit au lit, et il connut qu’il mourrait. Et il appela ses serviteurs, les grands qui avaient été nourris avec lui dès la jeunesse, et il leur partagea son royaume pendant qu’il vivait encore.
2. (vv. 8-16) Or Alexandre régna douze ans, et il mourut. Et ses serviteurs possédèrent un royaume, chacun dans son lieu. Et ils prirent tous le diadème après sa mort, et leurs fils après eux, durant beaucoup d’années, et les maux se multiplièrent sur la terre. Et il sortit d’eux une racine pécheresse, Antiochus l’illustre, fils du roi Antiochus, qui avait été en otage à Rome; et il régna en l’année cent trente septième du règne des Grecs. En ces jours-là, sortirent d’Israël des fils iniques et ils conseillèrent un grand nombre, disant: «Allons, et faisons alliance avec les nations qui sont autour de nous; parce que depuis que nous nous sommes retirés d’elles, des maux nombreux sont tombés sur nous.» Et ce discours parut bon à leurs yeux. Et quelques-uns du peuple résolurent de se rendre auprès du roi, et il leur donna pouvoir de pratiquer le droit des nations. Et ils bâtirent un gymnase à Jérusalem, selon les lois des nations. Et ils cachèrent les marques de la circoncision, et ils se séparèrent de l’alliance sainte, et ils se joignirent aux nations, et se vendirent afin de faire le mal.
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu (22, 1-14; traduction du Lectionnaire français de 1964-65)
3. En ce temps-là, Jésus dit aux chefs des prêtres et aux pharisiens cette parabole: «Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs convier aux noces les invités, mais ils ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant: “Dites aux invités: Voici que j’ai préparé mon festin, mes bœufs et mes volailles sont tués, tout est prêt: venez aux noces.” Mais ils n’en tinrent pas compte, et ils s’en allèrent l’un à son champ, l’autre à son commerce; quant aux derniers, ils empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. En l’apprenant, le roi se mit en colère; il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit aux serviteurs: “La noce est prête, mais les invités n’étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des routes, et tous ceux que vous trouverez, invitez-les aux noces.” Les serviteurs s’en allèrent sur les routes, ils rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons, et la salle des noces fut remplie de convives.
Or, le roi entra pour voir les convives; il vit là un homme qui ne portait pas le vêtement de noces, et il lui dit: “Mon ami, comment es-tu entréici sans avoir le vêtement de noces?” L’autre resta muet. Alors le roi dit aux serviteurs: “Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dans les ténèbres extérieures: là, seront les pleurs et les grincements de dents.”
Car beaucoup sont appelés mais peu sont élus.»
Homélie de saint Grégoire, Pape (Homélies sur les Évangiles 38, 2-3; texte latin et autre traduction française: SC 522, 454-459)
Je me souviens de vous avoir déjà dit souvent que, dans le saint Évangile, sous le nom de royaume des cieux, c’est, la plupart du temps, l’Église présente qui est désignée. L’assemblée des justes, en effet, est appelée royaume des cieux; car le Seigneur a dit par un Prophète: «Le ciel est mon trône» (Is 66, 1); Salomon assure que l’âme du juste est le siège de la sagesse (cf. Sg 7, 27-28); et saint Paul s’exprime ainsi: «Le Christ est la vet tu de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Co 1, 24). Si Dieu est la sagesse, et l’âme du juste le trône de la sagesse, comme d’autre part, le ciel est le trône de Dieu, nous devons évidemment en conclure que l’âme du juste est un ciel. De là cette parole du Psalmiste, appliquée aux saints prédicateurs: «Les cieux racontent la gloire de Dieu» (Ps 18, 1).
III. COMMENTAIRE PATRISTIQUE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002
La Liturgia Horarum, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne donne pas de commentaire de l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Le passage d’aujourd’hui (Lc 17, 5-10) n’étant pas dans le Missel de 1570-1962, il n’y a pas de commentaire dans le bréviaire correspondant. On a donc donné ci-après le commentaire proposé par le Lectionnaire Monastique élaboré par les moines de Solesmes.
Sénevé (sinapis nigra)
VINGT-SEPTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
(Cycle des lectures C)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (17, 5-10; tr. officielle)
Les Apôtres dirent au Seigneur: «Augmente en nous la foi!»
Le Seigneur répondit: «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici: “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous obéirait.
Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs: “Viens vite à table”?
Ne lui dira-t-il pas plutôt: “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.”
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres?
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous: “Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n’avons fait que notre devoir.”»
Homélie de saint Ambroise, évêque de Milan (Commentaire sur l’évangile de Luc l. 7, n. 176; texte latin et trad. française: SC 52, 74-75)
Voyons pourquoi le royaume très élevé des cieux est comparé au grain de sénevé; car il me souvient d’avoir aussi rencontré le grain de sénevé dans un autre passage où il est comparé à la foi, quand le Seigneur dit: Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: «Va te jeter dans la mer.» Ce n’est pas là une foi mesquine, mais grande, pour être capable de commander à une montagne de se déplacer; et de fait ce n’est pas une foi médiocre que le Seigneur exige de ses apôtres, sachant qu’ils ont à combattre l’élèvement et l’exaltation de l’esprit du mal.
Tu veux apprendre qu’il faut une grande foi? Lis dans l’Apôtre: Et si j’avais toute la foi, au point de transporter les montagnes. Si donc le royaume des cieux est comme le grain de sénevé, et la foi comme le grain de sénevé, la foi est assurément le royaume des cieux, et le royaume des cieux est la foi. Ainsi avoir la foi, c’est avoir le royaume des cieux. De même le royaume des cieux est en nous, et la foi est en nous; nous lisons en effet: Le royaume de Dieu est au-dedans de vous, et ailleurs: Ayez la foi au-dedans de vous. Aussi bien Pierre, qui avait toute la foi, a-t-il reçu les clefs du royaume des cieux pour l’ouvrir également aux autres.
Apprécions maintenant, d’après la nature du sénevé, quelle est la portée de la comparaison. Son grain est à coup sûr chose commune et simple; vient-on à le broyer, il répand sa vigueur. De même la foi semble simple de prime abord; mais, foulée par l’adversité, elle répand le bienfait de sa vertu, de manière à pénétrer aussi de son parfum ceux qui entendent ou qui lisent. Nos martyrs sont le grain de sénevé. Ils avaient le parfum de la foi, mais on les ignorait. Vint la persécution: ils déposèrent les armes, tendirent le cou et, abattus par le glaive, répandirent par tous les confins du monde la beauté de leur martyre, si bien qu’on est en droit de dire: Leur écho s’est propagé sur toute la terre.
Mais la foi est autrement foulée, autrement pressée, autrement semée. Le Seigneur lui-même est grain de sénevé. Il n’avait pas subi d’atteinte, mais, comme pour le grain de sénevé, faute d’avoir pris contact avec lui, le peuple ne le connaissait pas. Il a mieux aimé être foulé, pour que nous disions: Nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ. Il a mieux aimé être pressé, si bien que Pierre a dit : Les foules te pressent. Il a mieux aimé être semé, comme le grain qu’un homme prend pour le jeter dans son jardin. Car c’est dans un jardin que le Christ a été arrêté et enseveli; il a grandi dans le jardin, il y est même ressuscité. Et il est devenu arbre, ainsi qu’il est écrit: Comme un pommier parmi les arbres de la forêt, tel est mon frère au milieu des jeunes gens.
Oraison
(=MR1962: 11° dim. après la Pentecôte)
Omnípotens sempitérne Deus,
qui abundántia pietátis tuæ
et mérita súpplicum excédis et vota,
effúnde super nos misericórdiam tuam,
ut dimíttas quæ consciéntia métuit,
et adícias quod orátio non præsúmit.
Per Dóminum.
Traduction de D. Lefebvre (un peu modifiée)
Dieu tout-puissant et éternel,
dont l’immense bonté va au-delà de nos mérites
et même de nos désirs,
répandez sur nous votre miséricorde,
remettant ce que notre conscience a sujet de craindre
et accordant ce que notre prière n’ose point espérer.