Les pompiers ne risquent-ils pas d'être consumés avec l'incendie?
Gentiloup -  2010-09-29 10:17:29

Les pompiers ne risquent-ils pas d'être consumés avec l'incendie?

Il est compréhensible que Mgr Ghérardini crie au feu, car il a mis longtemps à se résoudre à tirer le bilan catastrophique de l'Eglise conciliaire. Il est, comme beaucoup, aux abois. Son espoir repose en la FSSPX qui s'est tenue à l'abri de l'incendie après avoir sauvé une partie des meubles. C'est bien ce sentiments d'être aux abois qui est décrit dans la Lettres aux évêques qui accompagnait le Motu Proprio de la levée des excommunications:

Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. (LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE au sujet de la levée de l’excommunication)

Au moment où la crise des vocations de l'Église conciliaire est en voie de la voir disparaître, le constat du poids de la FSSPX n'est-il pas chargé de l'espoir de renflouer le bateau qui prend eau de toutes parts? Quel que soit son statu juridique, en admettant même qu'elle soit effectivement suspendue au-dessus des diocèses sous la seule autorité papale (mais comment dans les faits?), je ne vois pas comment elle pourrait se soumettre à la vision libérale du Pape en matière de "liberté religieuse" et de dialogue inter-religieux. Ce serait ôter toute signification au combat pour la messe de toujours, pour les sacrements de toujours en lui ôtant son fondement: la doctrine. Se serait se jeter dans la bataille en ayant auparavant rendu les armes. Car il ne s'agit pas seulement de rite (et à ce jour le Vetus Ordo reste marginale dans l'Église) mais de donner au rite toute sa signification: "lex orandi, lex credendi". D'ailleurs cet avis est officiellement (mais à l'inverse) celui de Sa Sainteté Benoît XVI:

Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église. (LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE au sujet de la levée de l’excommunication)

Si l'Église conciliaire court au désastre, nul besoin que la FSSPX aille grossir les rangs du désastre. Elle a en l'état avantage à laisser pourrir la situation tout en se préservant et en préservant à travers elle le modèle des forces vitales de l'Église de toujours.

Plus important est sans doute, soit la formation à l'intérieur de l'Église d'un contentieux peu compréhensible au moment où l'on dialogue avec tous,- Mgr Ghérardini

"Au moment où l'on dialogue avec tous", c'est bien là que les choses se compliquent... On dialogue avec la FSSPX comme on dialogue avec les Anglicans et plus dangereusement encore avec les Juifs et les Musulmans... Que peut peser la FSSPX face au dialogue inter-religieux qui actuellement lamine tout à tous les niveaux de la hiérarchie?