«Il se fit un combat avec l'Archange Michel» (Fête de s. Michel)
Alexandre -  2010-09-29 01:52:38

«Il se fit un combat avec l'Archange Michel» (Fête de s. Michel)

Guido Reni, S. Michel Archange, Rome, église des Capucins Le 29 Septembre DÉDICACE DE S. MICHEL ARCHANGE (Cette fête fut élevée au rang de double de 1° classe par Benoît XV en même temps que celle de s. Joseph [12 déc. 1917], ce qui lui donne la préséance sur le dimanche dans les rubriques de 1960. Elle fut ensuite rétrogradée au rang de fête [équivalent de 2° classe] lors de la réforme du calendrier en 1969.) A Matines Hymne Te, splendor et virtus Patris, Te vita, Jesu, córdium, Ab ore qui pendent tuo, Laudámus inter Angelos. Ô vous, splendeur et force du Père, Jésus, vie de nos cœurs, nous vous louons parmi les Anges soumis à vos ordres. Tibi mille densa míllium Ducum coróna mílitat; Sed éxplicat victor Crucem Michael salútis sígnifer. C’est pour vous qu’elle milite, cette couronne nombreuse de mille et mille chefs; victorieux, Michel, le porte-étendard du salut, déploie l’étendard de la croix. Dracónis hic dirum caput In ima pellit tártara, Ducémque cum rebéllibus Cælésti ab arce fúlminat. C’est lui qui précipite au fond des enfers la tête cruelle du dragon; le chef avec ses rebelles, il les foudroie du haut de la citadelle céleste. Contra ducem supérbiæ Sequámur hunc nos príncipem, Ut detur ex Agni throno Nobis coróna glóriæ. Contre le prince de l’orgueil, suivons notre chef, pour obtenir, du trône de l’Agneau, la couronne de gloire. Deo Patri sit glória, Qui, quos redémit Fílius, Et Sanctus unxit Spíritus, Per Angelos custódiat. Amen. A Dieu le Père soit la gloire; qu’il garde par ses Anges ceux que le Fils a rachetés, et que le Saint-Esprit a consacrés par son onction. Amen. Premier Nocturne Du livre du prophète Daniel 1. (7, 9-11) Je regardais, jusqu’à ce que des trônes fussent placés, et l’Ancien des jours s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête comme de la laine pure; son trône était comme des flammes ardentes, et les roues du trône comme un feu brûlant. Un fleuve de feu, rapide, sortait de devant sa face; mille milliers le servaient, et dix mille millions l’assistaient. Le jugement se tint, et les livres furent ouverts. Je regardais, à cause du bruit des grandes paroles que cette corne prononçait; et je vis que la bête avait été tuée, que son corps était détruit et qu’il avait été livré pour être brûlé au feu. 2. (10, 4-8) Le vingt-quatrième jour du premier mois, j’étais près du grand fleuve qui est le Tigre. Et je levai les yeux et je vis: et voici qu’il y avait un homme vêtu de lin, et dont les reins étaient ceints d’or très pur; son corps était comme le chrysolithe, son visage brillait comme l’éclair, et ses yeux étaient comme une lampe ardente; ses bras, et tout le reste du corps jusqu’aux pieds, étaient comme un airain étincelant, et le bruit de ses paroles était comme le bruit d’une multitude. Moi, Daniel, je vis seul la vision; les hommes qui étaient avec moi ne la virent pas, mais une terreur extrême se précipita sur eux, et ils s’enfuirent dans les lieux cachés. Et moi, resté seul, je vis cette grande vision; aucune force ne resta en moi, mon visage fut tout changé, je tombai en faiblesse et je perdis toute vigueur. 3. (10, 9-14) J’entendis le bruit de ses paroles, et, l’entendant, je gisais sur ma face, consterné, et mon visage était collé à terre. Et voici qu’une main me toucha, et me dressa sur mes genoux et sur mes mains. Et il me dit: «Daniel, homme de désirs, comprends les paroles que je vais te dire, et tiens-toi debout; car je suis maintenant envoyé vers toi.» Lorsqu’il m’eut dit cela, je me tins debout en tremblant. Et il me dit: «Ne crains point, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’affliger en présence de ton Dieu, tes paroles ont été exaucées, et je suis venu à cause de tes paroles. Le prince du royaume des Perses m’a résisté vingt-et-un jours; mais voici que Michel, un des premiers princes, est venu à mon secours; et je suis demeuré là, près du roi des Perses. Je suis venu pour t’apprendre ce qui doit arriver à ton peuple aux derniers jours, car la vision concerne encore ces temps-là.» Cathédrale de Reims, ange au sourire Second Nocturne Sermon de saint Grégoire, pape (Homélies sur les Évangiles 34, 7. 8-9: PL 76, 1249-1250.1251) 4. Selon le témoignage de la Sainte Écriture, nous disons qu’il y a neuf chœurs d’Anges, à savoir: les Anges, les Archanges, les Vertus, les Puissances, les Principautés, les Dominations, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Qu’il y ait des Anges et des Archanges, presque toutes les pages de la Sainte Écriture l’attestent; quant aux Chérubins et aux Séraphins, chacun sait que les livres des prophètes en parlent souvent. L’apôtre Paul énumère pour les Ephésiens les noms de quatre autres ordres lorsqu’il dit: «Au-dessus de toute Principauté, Puissance, Vertu et Domination.» (Ép 1, 21). Il dit encore, en écrivant aux Colossiens: «Aussi bien les Trônes que les Puissances, les Principautés ou les Dominations.» (Col 1, 16). S’adressant aux Éphésiens, il avait déjà cité les Dominations, les Principautés et les Puissances; mais avant d’en parler aussi aux Colossiens, il met en tête les Trônes, dont il n’avait rien dit aux Ephésiens. Si donc on joint les Trônes aux quatre ordres que Paul cite aux Ephésiens — Principautés, Puissances, Vertus, Dominations — cinq ordres se trouvent ainsi mentionnés nommément; et si l’on y ajoute les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins, on trouve sans nul doute qu’il existe neuf ordres d’anges. 5. Il faut savoir que le terme d’Ange désigne une fonction, et non une nature. Car si les esprits bienheureux de la patrie céleste sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés des Anges; ils ne sont Anges que lorsqu’ils annoncent quelque chose. C’est pourquoi le psalmiste affirme: «Des esprits, il fait ses Anges.» (Ps 103, 4). C’est comme s’il disait clairement: «Lui qui a toujours les esprits à sa disposition, il en fait ses Anges quand il le veut.» On appelle Anges ceux qui annoncent les choses de moindre importance, Archanges ceux qui annoncent les plus élevées. Voilà pourquoi ce ne fut pas un Ange, mais l’Archange Gabriel que Dieu envoya à la Vierge Marie (cf. Lc 1, 26). En un tel ministère, en effet, il convenait que le plus grand des Anges vînt lui-même annoncer la plus grande des nouvelles. Certains de ces Anges reçoivent aussi des noms particuliers, pour exprimer par des mots l’étendue de leur action. C’est ainsi que Michel signifie «Qui est comme Dieu?» Gabriel, «Force de Dieu»; Raphaël, «Médecine de Dieu». 6. Chaque fois qu’il est besoin d’une puissance extraordinaire, l’Écriture nous dit que c’est Michel qui est envoyé: son action et son nom font comprendre que nul ne peut se targuer d’accomplir ce qui est réservé au seul pouvoir de Dieu. L’antique ennemi, dévoré de l’orgueilleux désir de s’égaler à Dieu, déclarait: «Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles du ciel, je m’assiérai sur la montagne de l’alliance aux côtés de l’Aquilon, je monterai sur le sommet des nues et je serai semblable au Très-Haut.» (Is 14, 13-14). Or l’Ecriture nous atteste qu’à la fin du monde, abandonné à sa propre force et condamné à périr dans le supplice final, il combattra contre l’Archange Michel: «Il se fit, dit Jean, un combat avec l’Archange Michel.» (Ap 12, 7). A Marie, c’est Gabriel qui est envoyé, lui dont le nom signifie «Force de Dieu». Ne venait-il pas annoncer celui qui a daigné paraître dans l’humilité pour combattre les puissances de l’air? Enfin, comme nous l’avons dit, Raphaël signifie «Médecine de Dieu». En effet, cet Archange a dissipé les ténèbres qui rendaient Tobie aveugle, en touchant pour ainsi dire ses yeux par l’intermédiaire des soins qu’on lui a prodigués (cf. Tb 11, 7-8) Mont Gargan (Italie), intérieur du sanctuaire S.-Michel Troisième Nocturne Lecture du saint Évangile selon s. Matthieu (18, 1-10) 7. En ce temps-là, les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: «Qui est le plus grand dans le royaume des Cieux?» Jésus ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit: «En vérité, je vous le dis, à moins que vous ne vous convertissiez, et que vous ne deveniez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme cet enfant, sera le plus grand dans le royaume des Cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le plongeât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive! Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, et jette-le loin de toi; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds, et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil te scandalise, arrache-le, et jette-le loin de toi; il vaut mieux pour toi entrer dans la vie n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu. Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits; car je vous le dis: leurs Anges dans le Ciel voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les Cieux.» Homélie de saint Jérôme, prêtre (Commentaire sur saint Matthieu 18, 1. 8-9. 10-11: SC 259, 46-49. 52-55) Après le récit du statère trouvé, après celui de la redevance acquittée, que vient faire cette question soudaine des Apôtres: «Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux?» Ils ont vu acquitter la même redevance pour Pierre et le Seigneur, et de l’égalité de l’impôt, ils concluent que Pierre, mis sur le même rang que le Seigneur pour l’acquittement de la redevance, est placé au-dessus de tous les Apôtres. De là vient leur question: «Qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux?» Et Jésus lit leurs pensées et comprend les causes de leur erreur; il veut guérir leur désir de gloire par une émulation dans l’humilité. 8. «Si tes mains et ton pied sont pour toi une cause de scandale, coupe-les et jette-les loin de toi.» Car il arrive forcément des scandales, mais malheur à cet homme qui, par sa faute, provoque, lui, ce qui arrive forcément dans le monde. Chacun des croyants brise donc toute affection et coupe toute parenté de peur qu’un prétexte d’amitié ne l’expose au scandale. Si quelqu’un, dit le Seigneur, t’est lié autant que ta main, le pied, l’œil, et qu’il est habile, empressé, clairvoyant, mais qu’il est pour toi sujet de scandale et que, par ses mœurs déréglées, il t’entraîne dans la géhenne, mieux vaut pour toi renoncer à cette relation et à des avantages temporels, car en voulant gagner des proches et des alliés, tu risques ta ruine. 9. «Je vous le dis, leurs anges dans les Cieux voient sans cesse la face de mon Père.» En parlant auparavant de main, de pied et d’œil, il signifie qu’il faut rompre tous les rapports de parenté et d’obligation qui peuvent causer scandale, et de même il tempère l’austérité de la sentence en ajoutant ce commandement: «Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits.» C’est ainsi, dit-il, que je commande la sévérité et que j’enseigne à la tempérer par l’indulgence: «Leurs anges dans les Cieux voient sans cesse la face du Père.» Grande est la dignité des âmes, puisque chacune a, dès le premier instant de sa naissance, un ange préposé à sa garde. C’est pourquoi nous lisons dans l’Apocalypse de Jean: «Écris à l’ange de l’Église d’Éphèse et des autres Églises» (Ap 2, 1). De même, l’Apôtre prescrit aux femmes de porter un voile sur la tête dans les églises à cause des anges (cf. 1 Co 11, 10).