vous oubliez l'archevêque de ...
Luc Perrin -  2010-09-28 14:46:02

vous oubliez l'archevêque de ...

Cracovie auquel le pape confia un rapport et qui a soutenu fortement la doctrine traditionnelle : il se nommait Karol Wojtyla. Ceci posé, les "modernistes", néo-modernistes et catholiques néo-libéraux plutôt, furent par ailleurs assez favorisés par ce même pape dans diverses autres occasions, à commencer par l'incroyable Mgr Bugnini qui jouit de la confiance papale entre 1963 et 1974. Les nominations épiscopales des premières années montiniennes sont parfois désastreuses, avant le tournant de 1972-1974. Le motu proprio de 1972 qui a ouvert la porte à une multiplication anarchique de "ministres" laïcs non ordonnés (hommes et femmes), les expérimentations à tout va dans les séminaires, l'admonestation sévère aux Jésuites du P. Arrupe mais sans sanction ni action effective laissant cet ordre - et combien d'autres - aller entièrement à vau-l'eau, la longue indulgence envers les théologiens les plus extravagants avant un modeste et très tardif raidissement, bref un gouvernement à hue et à dia qui a permis la constitution de bastions néo-modernistes solides, bastions qui se sont perpétués en dépit de l'action, plus déterminée, de Jean-Paul II. Comme je l'ai écrit, Paul VI s'est voulu ferme en paroles et sur les principes mais dans l'action, il eut des faiblesses coupables. Or in fine, nos actes pèsent plus lourd que nos mots, les choix d'hommes (et de femmes) ont une plus longue portée et influent sur les mots eux-mêmes : ainsi c'est l'épiscopat "montinien" qui a largement torpillé ou gravement déformé l'enseignement du pape Montini. Je ne mésestime pas, par ailleurs, le contexte de chaos qui a accompagné le relâchement général et la dévalorisation systématique qui ont été perçus par la plupart des clercs et beaucoup de laïcs comme étant voulus par le concile Vatican II - ce qui n'était pourtant pas le cas. Maintenir un semblant d'autorité pontificale dans ces temps-là n'était pas une tâche aisée !