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Luc Perrin -  2010-09-26 14:41:41

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Les laïcs consacrés sont présents et présentes depuis les origines du christianisme. Les "vierges consacrées" en sont un exemple parmi beaucoup ; en Haute-Loire on connaît les "béates" qui furent durant quelques siècles des dames catéchistes vivant dans le monde rural mais "consacrées" et ayant toutes les caractéristiques de la vie religieuse, célibat, pauvreté, obéissance. Les "maisons" de la béate sont visibles dans nombre de villages encore, devenues monuments historiques. On oublie vite que la plupart de nos congrégations modernes au XIXe ont commencé comme cela : un noyau de jeunes femmes vivant une vie religieuse, avec l'aval d'un curé, d'un père religieux (jésuite, rédemptoriste ou autre) ou directement de l'évêque. La mise en place de la congrégation, de statuts approuvés à l'échelon diocésain voire romain ne viennent qu'après quand l'initiative prend de l'ampleur. Pour l'époque plus contemporaine, les démarches de laïcs consacrés se sont multipliés dans la logique du catholicisme intégral et de la tentative de reconquête chrétienne de catégories sociales fermées à l'Église ; la présence du prêtre - alors très visible - ou du religieux ou de la religieuse pouvant être source de rejet ou simplement interdite par la législation. L'existence contemporaine de ces laïcs consacrés se rapporte donc directement à l'apostolat et à ses conditions. L'article 10 de la constitution Provida Mater de Pie XII (1947) l'expose : "10. Les heureux accroissements de ces Instituts montrèrent, de jour en jour, avec plus d'évidence, l'aide multiple et efficace qu'ils pouvaient apporter à l'Église et aux âmes. Mener en tout temps et en tout lieu une réelle vie de perfection, embrasser cette vie dans des cas où la vie religieuse canonique serait impossible ou peu adaptée, rechristianiser intensément les familles, les professions, la société civile par le contact immédiat et quotidien d'une vie parfaitement et entièrement consacrée à sa sanctification, exercer l'apostolat de multiples manières et remplir des fonctions que le lieu, le temps ou les circonstances interdisent ou rendent impraticables aux prêtres et aux religieux, autant de précieux services dont on peut facilement charger ces Instituts. Par ailleurs l'expérience a démontré les difficultés et les dangers que comporte parfois, et même facilement, cette vie de perfection ainsi menée librement sans le secours extérieur de l'habit religieux et de la vie en commun, sans la vigilance des Ordinaires, desquels en fait elle pouvait aisément rester ignorée, et des supérieurs souvent éloignés." D'une manière plus générale car embrassant toute la vie consacrée, on peut consulter l'exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata (1996) de Jean-Paul II. L'exhortation emploie fréquemment trois catégories qui sans être strictement canoniques décrivent bien la réalité : clercs, laïcs, "personnes consacrées" (qui peuvent être de la première ou de la seconde).