Ni onde ni corpuscule
Thomas -  2010-09-23 15:49:34

Ni onde ni corpuscule

Un des problèmes des énoncés de physique quantique, et le votre n'y échappe pas, c'est que l'on a l'habitude de raisonner en tant que « corpuscule », ou en tant qu'« onde ». Dans la quasi totalité de votre relation des expériences, vous parlez de « particules » qui auraient suivi tel ou tel chemin et, malgré lui, le lecteur ne peut s'empêcher de traduire ce terme de « particule » en quelque chose de connu comme un « corpuscule » : une sorte de bille nanoscopique. Or, puisque l'on a déterminé que les particules se comportaient tantôt comme des corpuscules, tantôt comme des ondes, c'est que ce ne sont ni l'un ni l'autre. C'est là la limite du sens commun. En l'occurrence, l'énoncé nous paraît absurde parce que l'on prête à la particule dont il est question une nature (corpusculaire) qui n'est pas la sienne. Et le sens commun, nourri par l'expérience quotidienne, n'a malheureusement pas les catégories permettant d'appréhender la nature d'une particule. Effectivement, cependant, le principe de non contradiction n'est pas foncièrement violé : il ne l'est que par rapport à nos catégories du sens commun. Mais la conséquence qu'on peut en tirer, c'est que la compréhension de la réalité naturelle ne peut plus se satisfaire du simple sens commun (au sens du sens des choses naturelles données à tout le monde par l'observation des événements quotidiens).

‘La particule X est passée par le chemin court’ et ‘la même particule X a suivi le chemin long’ sont deux propositions contraires, mais non pas contradictoires. Le principe du tiers exclu ne joue pas. On peut très bien soutenir : par un moyen inconnu, ou même irrémédiablement indiscernable, la particule X a exploré les deux chemins à la fois.

C'est exact, à condition de ne pas imaginer la particule comme un corpuscule ni comme une onde. Au passage, on a l'habitude de raisonner en termes de probabilités pour les différents états possibles de la particule, mais, là aussi, c'est une manière de coller aux catégories du sens commun. C'est le carré de l'« amplitude de probabilité » qui est une probabilité, et nous sommes bien en peine de décrire ce que pourrait être cette « amplitude de probabilité » dont le carré donne une probabilité, du moins autant que je le sache. Thomas