Ce n'est pas le rongeur qui donne naissance à l'os.
Scrutator Sapientiæ -  2010-09-19 08:12:27

Ce n'est pas le rongeur qui donne naissance à l'os.

Bonjour Ion, Quand bien même certains sauteraient sur l'occasion pour "resserrer les rangs", ce n'est pas le rongeur qui donne naissance à l'os. Et en l'occurrence, il y a un os, au niveau épiscopal ET au niveau pontifical (peut-être pas exactement le même type d'os), indépendamment de la présence active, dans le coeur du rongeur, d'une envie de ronger. Par ailleurs, c'est une question que je partage avec vous, en quoi serait-il illégitime, au contact de ce que l'on réprouve, à savoir une attitude, un comportement, qui contribue à la perpétuation, au renforcement, d'une véritable équivoque, de réagir, précisément, - prioritairement, pour préciser ou rappeler que tout n'a pas vocation à être accueilli d'une manière inconditionnelle, et aussi, - secondairement, pour raffermir les forces, pour resserrer les rangs ? De mon point de vue, - ce qui est premier, c'est l'annonce de ce que l'on croit vrai, juste, bon, non seulement pour soi, mais aussi pour les autres. - ce qui est second, c'est la dénonciation de ce que l'on croit faux, injuste, mauvais, équivoque, sinon hérétique, stérile, voire nuisible. Et je pense ici avant tout à l'annonce des principes, tels qu'ils sont mis en doctrine, en paroles, en pratique, et à la dénonciation des "principes", des doctrines, des paroles, des pratiques, qui leur sont opposés, très directement ou implicitement. A mon sens, ces deux dimensions du discours chrétien sont indissociables : l'annonce du bien et la dénonciation du mal, et je précise que je formule les choses ainsi dans l'espoir de me faire comprendre, dans la limite du temps dont je dispose pour m'exprimer, et non par manichéisme, d'autant plus que cette complémentarité entre l'annonce et la dénonciation peut très bien être mise en oeuvre dans le plus grand respect pour les personnes, qu'il s'agisse, en l'occurrence, de Benoît XVI ou de Monseigneur Nourrichard. Là où nous avons tort, non seulement en matière religieuse, mais aussi dans les autres domaines de la vie humaine, c'est quand nous dénonçons sans annoncer, qui plus est en nous en prenant aux personnes. Là où nous avons raison, c'est quand nous mettons en avant, en première ligne, ce que nous croyons, à juste titre, vrai, juste, bon, non afin, mais avant de mettre en avant, en deuxième ligne, notre dénonciation ou notre réprobation, au contact de ce qui s'y oppose. En l'occurrence, il arrive que des fils et des filles aient le droit et même le devoir de faire part à leur père, et ici, au Saint-Père, de leur incompréhension, voire leur exaspération, face à une culture de contradictions, dont il n'est pas prouvé qu'elle contribue davantage à la consolidation de l'Eglise qu'à sa fragilisation. Mille excuses, en tout cas, pour cette tentative de méditation matinale, peut-être suis-je le candide du dimanche... Bon dimanche et au plaisir de vous relire. Scrutator.