Scène de métro, à Paris, ce mois de septembre 2010 de l'ère chrétienne.
Yorgos -  2010-09-18 16:29:24

Scène de métro, à Paris, ce mois de septembre 2010 de l'ère chrétienne.

Appelé par une affaire à régler dans l'Est parisien, je pénétrai dans une voiture de la ligne 3, direction Gallieni, un beau jour de semaine en milieu de matinée. En m'installant sur un siège placé travers au sens de la marche, contre la cloison, à peu près au milieu du wagon, je m'avisai de la présence en tête de ce même wagon d'un couple étrange monopolisant les deux strapontins d'où l'on a vue sur l'ensemble des passagers. Elle (?), vêtue à la "saoudienne", était tout en noir, voile au ras des sourcils, et niqab (ou ijab?) plaqué à la naissance du nez. Aussitôt, par un geste devenu réflexe, je me signai à la manière orthodoxe: elle m'imposait le témoignage de sa fausse religion, je ne pouvais manquer d'y répondre par un signe affirmant la seule vraie - les trois doigts réunis, en symbole de la Trinité, et les deux derniers joints manifestant la double nature du Christ: voilà précisément les deux Vérités qu'exècrent les Musulmans. Mais j'étais vraisemblablement trop loin pour qu'ils perçoivent ces détails et même peut-être l'ensemble de mon geste. En face de moi, de l'autre côté du couloir, assise sur un siège orienté face à l'arrière une jeune femme, que j'identifiai immédiatement comme une "beurette", habillée à la française non sans une certaine élégance, me coula un long regard empli d'inquiétude et de complicité - c'est, du moins, ce que je crus y voir... A ce moment je m'avisai que le voisin de la "saoudienne", habillé comme un touriste américain de bas de gamme, la peau foncée, éructait, très vraisemblablement dès avant mon entrée dans les lieux, une litanie de paroles qui me semblèrent de langue anglaise. Comme j'étais plongé peu de temps avant, sur la ligne précédente, dans un gros livre pas inintéressant je m'y replongeai derechef. La voix du psalmodiant se fit plus forte et je crus comprendre quelques mots des plus orduriers de cette belle langue que l'on parle de l'autre côté de la Manche, auxquels se mêlait le nom de mon pays: la France. Le wagon se vidait à chaque arrêt. J'en profitai pour "monter", au rebours de la tendance générale, vers le psalmodiant afin de saisir plus précisément son discours. Je m'assis à quelque sièges de ce personnage, reprenant ma lecture. J'avais alors perçu toutes ses grossièretés qui tendaient à couvrir des injures le plus basses la France et les français. Il prit cela, je veux dire mon mouvement, pour une agression, et quittant son strapontin il vint s'asseoir à un siège du mien, vociférant plus fort encore pour finir une fois assis par m'assurer de sa profonde envie de me tuer (en anglais: kill you) peut-être dans l'instant ou du moins dès qu'il en aurait l'occasion - à l'arme blanche, crus-je comprendre par l'intensité des gestes de son avant-bras qui traversait mon champ oculaire avec insistance. Je ne lui prêtais aucune attention et poursuivit ma lecture. Trois stations passèrent ainsi, l'homme, et moi-même, poursuivant chacun son manège. Enfin, arrivé à destination, je me levai et partis. Nul n'avait bougé, les gens s'échappant plutôt dès qu'ils le pouvaient, me sembla-t-il. En sortant du wagon je ne pus m'empêcher de sourire, pour répondre au slogan de la RATP, placardé dans les bus il est vrai: Souriez, vous êtes filmé...