une église pour un meeting de parti politique ?
Luc Perrin - 2010-09-17 12:01:17
une église pour un meeting de parti politique ?
Honteux en effet de confondre la tribune d'un congrès de parti et une église.
"Bruno Gollnisch s'est vu interdire jeudi l'accès à la basilique de Saint-Denis, près de Paris, par un responsable du sanctuaire, où il entendait se rendre pour lancer sa campagne pour la présidence du Front national (FN), a constaté un journaliste de l'AFP.
Le vice-président du parti lepéniste était arrivé devant l'édifice accompagné d'un important service d'ordre" (dépêche AFP)
Personne n'a empêché M. Gollnisch de venir se recueillir, hors caméras et hors "important service d'ordre" dans la basilique, à titre personnel, ou de venir se confesser. Si c'était le cas, il y aurait alors matière à protestation. Ici je ne vois qu'un réflexe naturel pour préserver l'église d'une perturbation ou d'un détournement d'usage manifeste.
Les évêques de France concernés ont chaque fois déploré les "invasions" d'église, ce me semble, dans le passé, pour un liseur qui invoquait des précédents.
Voici ce que rapportait Le Nouvel Observateur en 2002 d'une réaction du cardinal Lustiger face à une occupation/invasion :
"L'archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, fait savoir ce lundi que l'Eglise catholique refusera toute nouvelle occupation d'église par le mouvement des sans-papiers si elle n'est pas "négociée au préalable".
"Il était convenu (avec les sans-papiers) que sur les manifestations en faveur des sans-papiers, toute demande de coopération avec l'Eglise devait être négociée au préalable", affirme Mgr Lustiger dans un entretien au Figaro.
"Nous n'acceptons plus de telles occupations" poursuit l'archevêque de Paris, réagissant à l'occupation d'une église parisienne samedi, après une manifestation de soutien aux immigrés sans papiers. Les forces de l'ordre étaient intervenues à la demande des autorités religieuses pour évacuer les manifestants qui ne sont restés que quelques heures dans le bâtiment.
Mgr Lustiger assure toutefois le soutien de l'Eglise au mouvement des sans-papiers. "Il s'agit d'une exigence qui répond à la vocation de l'Eglise et à la foi chrétienne."
Peut-être le candidat à la présidence aurait-il dû négocier avec l'évêque de Saint-Denis au préalable son action d'invasion médiatico-politique ? Si l'on s'en tient à ces précédents et si l'on croit juste ce type d'action bien sûr.