du catholicisme intégral au modernisme tranquille et souriant
Luc Perrin -  2010-09-16 14:56:58

du catholicisme intégral au modernisme tranquille et souriant

Tel est l'itinéraire de Mgr Gaillot, compagnon de route du Parti communiste, bataillant pour la justice sociale au départ puis, année après année, il s'est rapproché des thèses libérales jusqu'à faire ici profession de modernisme, dans des termes que feu Alfred Loisy n'aurait pas désavoué : "La modernité nous engage à réinterpréter la Bible en une opération vérité jamais terminée. Pas de dogme ni de nouvelle affaire Galilée : ce serait un mauvais plan. Ouvrons au contraire la porte aux autres religions sans appréhension ni méfiance." (Monsieur de Partenia) Loisy, un tout petit peu plus prudent que l'évêque titulaire, disait - avec une pointe de sarcasme - que le dernier dogme serait celui de l'évolution du dogme. Mgr Gaillot ne s'embarrasse même plus du mot. Le pire étant que la CDF laisse dire, publier sans réagir celui qui est encore en théorie "docteur de la foi" et membre du Collège épiscopal ; et que ses idées, de son propre aveu, ont un écho favorable dans une partie de l'épiscopat, soutien actif ou tacite puisqu'il relève les "silences" - dont il dit qu'ils seraient complices - de l'Église de France. En exagérant quelque peu cependant car même l'Église de France n'est pas aussi silencieuse sur les sujets listés que ne le dit ou ne l'espérerait l'évêque de Partenia. Son retour relatif sur la scène médiatique est un indice de plus de la crise du catholicisme occidental (songeons à la consternante Belgique où les Danneelsiens succèdent imperturbablement, en dehors de l'insaisissable nouveau Primat, aux Danneelsiens au milieu d'un champ de ruines fumantes). En 1998, le cardinal Ratzinger avait identifié une des grandes causes de cette crise, à côté de la question liturgique : force est de constater, cf. l'étude de Côme Prévigny, que depuis 5 ans bien peu a été fait pour porter remède à ces causes internes de la crise de l'Église. Faire va très, très au-delà de dire et impliquerait de rompre avec les routines européennes bien établies depuis 30 à 40 ans. nb. un chroniqueur très laïque, sorte de boussole qui donne le Sud se trompant très souvent dans ses prédictions, Alexandre Adler, se réjouissait, il y a quelques jours, du "recentrement" du pontificat de Benoît XVI ; souhaitons que cette lecture soit l'opposé de la direction réelle du pontificat mais il est significatif tout de même que l'impression donnée, vue de l'extérieur, soit celle retranscrite par M. Adler.