Optimisme sur nos progrès+Pessimisme sur nos querelles.
Scrutator Sapientiæ - 2010-09-11 18:50:46
Optimisme sur nos progrès+Pessimisme sur nos querelles.
Bonsoir Luc Perrin,
Certes, la cause de la Tradition progresse malgré nos divisions ; mais l'optimisme sur nos progrès, au contact du déclin mesurable de ce que j'appelle le catholicisme humanitariste, n'exclut pas le pessimisme sur nos querelles, au contact de nos controverses endogènes, de nos divergences intestines.
Sans qu'il s'agisse pour moi de me faire le porte-parole de qui que ce soit, je crois ne pas être le seul à distinguer entre ces deux aspects.
Deux attitudes, dans ce contexte, me semblent plus particulièrement caractéristiques d'un risque d'installation de ce climat dans la durée et dans la profondeur :
- la première est celle qui consiste à dire : "ce n'est pas si grave que nous soyons divisés, à court terme, puisque nous finirons, grâce à Dieu, par être réunis, à long terme", chacun se réservant le droit de penser que c'est aussi grâce à la supériorité de son positionnement sur celui "des autres" que ce passage de la division à la réunion se fera "en esprit et en vérité" ;
- la deuxième est celle qui consiste à dire : "mais de tous temps il y a eu des querelles entre catholiques, ne dramatisons pas outre mesure les querelles actuelles", alors que vous savez, certainement mieux que moi,
- que certaines querelles du passé, à commencer par celle à laquelle vous faites allusion, se sont très mal terminées, pour tous les catholiques concernés, du fait de la politisation de la question janséniste, au XVIII° siècle, politisation qui a grandement contribué à la fragilisation de l'Eglise et de l'Etat ;
- que le fait générateur des querelles actuelles entre catholiques, et notamment entre catholiques traditionnels, le Concile Vatican II et ses suites, porte en lui une "irréductible spécificité".
Cela dit, et là je vous rejoins, la période actuelle, notamment depuis 2005, est, évidemment et infiniment, plus "objectivement encourageante ", pour l'Eglise et pour la Tradition, que, si j'ose dire, les deux "séquences religieuses" antérieures : la génération Vatican II et la génération Jean-Paul II.
Tout n'est donc pas négatif, mais j'y vois une raison de plus de regretter que certains se battent, souvent sur les mêmes questions, d'une manière stérile, puisque cela ne fait progresser ni la connaissance, ni la compréhension "les plus objectives possible" de ce dont il est question, ni quelque chose qui pourrait bien être la charité fraternelle, entre catholiques traditionnels.
Merci beaucoup pour votre message et bonne fin de journée.
Scrutator.