Dimanche: guérison et brebis retrouvée (bréviaire)
Alexandre -  2010-09-11 17:14:39

Dimanche: guérison et brebis retrouvée (bréviaire)

La guérison de l’hydropique, par Isaac Moillon (Beaune, Hôtel-Dieu) Dimanche 12 Septembre 2010 I. BRÉVIAIRE ROMAIN (1568-1960) SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE (TROISIÈME DE SEPTEMBRE) Premier Nocturne Commencement du livre de Tobie (ch. 1) 1. (vv. 1-4) Tobie, de la tribu et de la ville de Nephtali (qui est dans la haute Galilée, au-dessus de Naasson, derrière le chemin qui conduit à l’occident, ayant à sa gauche la ville de Sépher), lorsqu’il eut été fait captif au temps de Salmanasar, roi des Assyriens, n’abandonna pas la voie de la vérité, tout en étant captif. C’est ainsi que de tout ce qu’il pouvait gagner, il faisait part chaque jour à ses compagnons de captivité, ses frères de race. Et quoiqu’il fût plus jeune que tous ceux de la tribu de Nephtali, sa conduite n’eut rien de puéril. 2. (vv. 5-10) Aussi, alors que tous allaient vers les veaux d’or que Jéroboam, roi d’Israël, avait érigés, lui seul fuyait la compagnie de tous. Il se rendait à Jérusalem, au Temple du Seigneur, et là, il adorait le Seigneur Dieu d’Israël, offrant fidèlement toutes ses prémices et ses dîmes. La troisième année, il donnait toute sa dîme aux prosélytes et aux étrangers. A ces observances et à toutes les autres prescriptions de la loi de Dieu, il avait été fidèle dès son enfance. Lorsqu’il fut devenu adulte, il prit pour épouse Anne, femme de sa tribu, et il engendra d’elle un fils auquel il donna son nom; il lui apprit dès l’enfance à craindre Dieu et à s’abstenir de tout péché. 3. (vv. 11-15) Il fut emmené en captivité et échoua dans la ville de Ninive avec sa femme, son fils, et toute sa tribu. Tous mangeaient des aliments des païens, mais lui vivait selon sa conscience et ne se souillait jamais de leurs aliments. Et parce qu’il se souvint de Dieu de tout son cœur, Dieu lui fit trouver grâce en la présence du roi Salmanasar, et le roi lui donna pouvoir d’aller partout où il voudrait, ayant la liberté de faire tout ce qu’il voudrait. Il se rendait donc vers tous ceux qui étaient en captivité et leur donnait des avis salutaires. Deuxième Nocturne Sermon de saint Léon, pape (Sermon 94, 1. 3-4; texte latin et autre traduction française: SC 200, 142…149) 4. Je sais, frères très chers, que la plupart d’entre vous sont fidèles aux pratiques de la foi chrétienne. Point n’est besoin de vous y engager par nos exhortations. Tout ce que la tradition a établi et que l’usage a confirmé, votre érudition ne l’ignore pas, votre miséricorde ne le néglige pas. Pourtant le ministère sacerdotal doit déployer la même sollicitude à l’égard de tous les fils de l’Église. Aussi recommandons-nous à tous sans distinction une pratique qui doit être salutaire aux commençants comme aux instruits que nous embrassons d’un même amour; avec une foi allègre, célébrons, par la mortification de l’esprit et du corps, le jeûne auquel nous oblige le retour du mois de septembre. 5. L’observation du jeûne, en effet, a été fixée aux quatre saisons; ainsi, par le retour périodique du cycle de toute l’année nous réalisons que nous avons sans cesse besoin de purification; sans cesse nous devons tâcher, au milieu des vicissitudes de cette vie, d’effacer par le jeûne et les œuvres de bienfaisance le péché contracté par la fragilité de la chair et la souillure des convoitises. Souffrons donc un petit peu de la faim, frères bien-aimés; retranchons de notre ordinaire un petit quelque chose qui puisse soulager les pauvres. 6. Que la conscience généreuse goûte le fruit de ses largesses; si tu donnes avec joie, tu recevras toi-même de quoi te combler de joie. L’amour du prochain est amour de Dieu puisque Dieu a voulu concentrer la plénitude de la Loi et des Prophètes dans cette unité d’une double charité. Personne ne peut en douter désormais: c’est à Dieu même qu’il offre ce qui est donné à un homme. Le Seigneur et Sauveur l’a dit, parlant des pauvres à nourrir et à soulager: « Ce que vous avez fait à l’un d’eux, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Jeûnons donc mercredi et vendredi, et samedi, célébrons les vigiles auprès du bienheureux apôtre Pierre. Ses mérites et ses prières, nous le croyons, nous aideront à rendre notre jeûne et notre dévotion agréables au Dieu de miséricorde. Troisième Nocturne Jésus guérit un hydropique (Reichenau, fresque du IX° s.) Lecture du saint Évangile selon saint Luc (14, 1-11; version du Lectionnaire de 1964-65) 7. En ce temps-là, Jésus était allé prendre son repas, un jour de sabbat, chez l’un des chefs des pharisiens, et ceux-ci l’observaient. Or, voici qu’il y avait devant lui un hydropique. Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la Loi et aux pharisiens: «Est-il permis de guérir le jour du sabbat?» Mais ils gardèrent le silence. Jésus, prenant le malade, le guérit et le renvoya. Et il leur dit: «Lequel de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retire aussitôt, un jour du sabbat?» Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il disait encore une parabole aux invités, en remarquant comme ils choisissaient les premières places; il leur disait: «Lorsqu’on t’invite à des noces, ne te mets pas à la première place; de peur qu’on n’ait invité quelqu’un de plus digne que toi, et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire: “Cède-lui la place”. Alors tu irais, à ta honte, occuper la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place; et ainsi, lorsque viendra celui qui t’a invité, il te dira: “Mon ami, monte plus haut”. Alors ce sera pour toi un honneur devant tous les autres convives. Car quiconque s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé.» Homélie de saint Ambroise, évêque (Traité sur l’évangile de saint Luc, 7, 195-198; texte latin et autre traduction française: SC 52, 83-84) Voici la guérison d’un hydropique, chez qui l’enflure maladive de la chair entravait l’élan de l’âme, éteignait l’ardeur de l’esprit. Vient ensuite une leçon d’humilité: en ce festin de noces, on réprime la recherche avide du rang le plus haut, mais la leçon se donne avec bonté. La douceur de la persuasion fait disparaître ce que la réprimande pouvait avoir de dur, la raison vient appuyer l’effet persuasif et la correction purifie le désir même du cœur. Auprès de l’humilité, voici sa compagne inséparable, la bonté. Comment la définir? comment la reconnaître? Le Seigneur nous l’apprend: elle s’exerce envers les pauvres et les plus faibles, car en effet, se montrer accueillant pour être payé en retour, c’est pur calcul d’avarice. 8. Enfin, comme un pécule pour le vétéran qui achève son service, voici le précepte du mépris des richesses: le Royaume des Cieux n’est pas pour celui qui, captif des soucis inférieurs, ne songe qu’à s’entourer de possessions terrestres, car le Seigneur dit: «Vends ce que tu possèdes, et suis-moi!» (Mt 19, 21). Il en va de même de celui qui achète des bœufs: nous voyons Élisée abattre et partager au peuple ceux qu’il possédait (1 R 19, 21). Et celui qui prend femme pense aux affaires de ce monde, non aux choses de Dieu. Sans réprouver aucunement le mariage, nous estimons la virginité promise à un plus grand honneur, car la femme qui n’est pas mariée aussi bien que la veuve prend souci des choses du Seigneur, pour être sainte de corps et d’esprit. 9. Mais pour rentrer en grâce auprès des épouses, comme nous l’avons fait pour les veuves, nous ne rejetons pas l’opinion de la plupart, à savoir que les trois groupes d’hommes exclus du grand festin sont les païens, les Juifs et les hérétiques. C’est pourquoi l’Apôtre dit qu’il faut fuir l’avarice, autrement, paralysés comme le sont les païens par l’injustice, la méchanceté, l’impudicité et l’avarice, nous ne pourrions parvenir au Royaume du Christ, car «ni l’impur, ni le cupide, – ce serviteur d’idoles –, n’aura sa part dans le Royaume du Christ et de Dieu» (Ép 5, 5). II. BRÉVIAIRE ROMAIN (1961-1969) SEIZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE (SECOND DIMANCHE DE SEPTEMBRE) Au Nocturne Job sur son tas de fumier Du livre de Job (ch. 9) 1. (vv. 1-5) Job prit la parole et dit: «En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi: l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu? Quiconque s’avise de discuter avec lui, ne trouve pas à répondre une fois sur mille. Son cœur est sage et sa force est grande; qui donc lui tiendrait tête impunément? Il déplace les montagnes et elles ignorent celui qui les renverse dans sa colère. 2. (vv. 6-17) Il déplace la terre et fait vaciller ses colonnes. Quand il commande le soleil ne se lève pas, il met les scellés sur les étoiles. Lui seul a déployé les cieux et foulé les hauteurs de la mer. Il a fait l’Ourse et Orion, les Pléiades et les constellations du Sud. Il est l’auteur d’œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter. S’il passe sur moi, je ne le vois pas et il glisse imperceptible. S’il ravit une proie, qui l’en empêchera et qui osera lui dire: «Que fais-tu?» Dieu ne revient pas de sa colère; sous lui restent prostrés les satellites de Rahab. Et moi, je voudrais plaider ma cause, je choisirais mes arguments contre lui? Même si j’avais raison, à quoi bon me défendre? Car c’est lui mon juge, qu’il faudrait supplier. Et si, sur mon appel, il daignait comparaître, suis-je sûr qu’il écouterait ma voix? Lui, qui m’écrase pour un cheveu, qui multiplie sans raison mes blessures!» Lecture du saint Évangile selon saint Luc (14, 1-11; version du Lectionnaire de 1964-65) 3. En ce temps-là, Jésus était allé prendre son repas, un jour de sabbat, chez l’un des chefs des pharisiens, et ceux-ci l’observaient. Or, voici qu’il y avait devant lui un hydropique. Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la Loi et aux pharisiens: «Est-il permis de guérir le jour du sabbat?» Mais ils gardèrent le silence. Jésus, prenant le malade, le guérit et le renvoya. Et il leur dit: «Lequel de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retire aussitôt, un jour du sabbat?» Et ils ne pouvaient rien répondre à cela. Il disait encore une parabole aux invités, en remarquant comme ils choisissaient les premières places; il leur disait: «Lorsqu’on t’invite à des noces, ne te mets pas à la première place; de peur qu’on n’ait invité quelqu’un de plus digne que toi, et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire: “Cède-lui la place”. Alors tu irais, à ta honte, occuper la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place; et ainsi, lorsque viendra celui qui t’a invité, il te dira: “Mon ami, monte plus haut”. Alors ce sera pour toi un honneur devant tous les autres convives. Car quiconque s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé.» Homélie de saint Ambroise, évêque (Traité sur l’évangile de saint Luc, 7, 195; texte latin et autre traduction française: SC 52, 83-84) Voici la guérison d’un hydropique, chez qui l’enflure maladive de la chair entravait l’élan de l’âme, éteignait l’ardeur de l’esprit. Vient ensuite une leçon d’humilité: en ce festin de noces, on réprime la recherche avide du rang le plus haut, mais la leçon se donne avec bonté. La douceur de la persuasion fait disparaître ce que la réprimande pouvait avoir de dur, la raison vient appuyer l’effet persuasif et la correction purifie le désir même du cœur. Auprès de l’humilité, voici sa compagne inséparable, la bonté. Comment la définir? comment la reconnaître? Le Seigneur nous l’apprend: elle s’exerce envers les pauvres et les plus faibles, car en effet, se montrer accueillant pour être payé en retour, c’est pur calcul d’avarice. III. COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DU MISSEL DE 1970-2002 La brebis perdue (estampe de la BNF) VINGT-QUATRIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (Cycle des lectures C) La Liturgia Horarum, c’est-à-dire le nouveau bréviaire romain, ne prévoit pas de commentaire sur l’évangile de chaque dimanche, contrairement à la tradition. Les éditions du Missel Romain antérieures à 1970 lisent le passage (abrégé) d’aujourd’hui (Lc 15, 1-10) le 3° dimanche après la Pentecôte. On a donc reproduit ci-après l’Homélie qu’en donne le Bréviaire romain de 1955. La lecture longue de l'évangile comporte aussi le récit de la parabole de l'enfant prodigue (Lc 15, 11-32) sur lequel on trouvera une homélie sur ce post. Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (brève : 15, 1-10; version officielle) Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !' De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » Homélie de saint Grégoire, pape (Homélies sur les évangiles, 34, 2-3: texte latin et autre traduction française: SC 522, 324-325-328) Vous avez appris par la lecture de l’Évangile, mes frères, que les pécheurs et les publicains s’approchèrent de notre Rédempteur et qu’il les admit non seulement à converser avec lui, mais même à partager son repas. A cette vue, les pharisiens furent pris de dédain. Vous pouvez en conclure que la vraie justice engendre la compassion, et la fausse justice, le dédain. Il est vrai que les justes aussi s’indignent et à bon droit contre les pécheurs. Mais c’est tout autre chose d’agir par orgueil que d’agir par amour de la discipline. Les justes dédaignent, mais sans dédain: ils désespèrent, mais sans désespoir. Ils poursuivent les méchants, mais ils le font par amour. Même si extérieurement ils multiplient les reproches par souci de discipline, intérieurement, néanmoins, ils gardent la douceur grâce à la charité. Et souvent, dans leur pensée, les justes placent au-dessus d’eux-mêmes ceux qu’ils corrigent. Ils estiment meilleurs qu’eux-mêmes ceux qu’ils jugent. Il apparaît ainsi qu’ils veillent par la discipline sur leurs inférieurs, et sur eux-mêmes par l’humilité. Par contre, ceux qui se targuent de leur fausse justice méprisent les faibles. Ils n’ont aucune miséricorde pour se pencher sur eux. Aussi, ne se croyant pas pécheurs, ils le sont d’autant plus. Collecte (absente du MR1962) Réspice nos, rerum ómnium Deus creátor et rector, et, ut tuæ propitiatiónis sentiámus efféctum, toto nos tríbue tibi corde servíre. Per Dóminum... Traduction personnelle Regardez-nous, ô Dieu, qui avez créé toutes choses et les gouvernez, et, afin que nous sentions l’effet de votre propitiation, accordez-nous de vous servir d’un cœur sans partage. Par Notre-Seigneur...