thomisme et hérésie
Thomas -  2010-09-08 11:02:47

thomisme et hérésie


Il me semble qu'il est impossible qu'un des docteurs de l'Église en contredise un autre, sans quoi l'un ou l'autre serait dans l'erreur, ce qui est impossible selon la Tradition. Sinon l'un ou l'autre serait hérétique...

Il faut distinguer ce qui est de foi, dont la contradiction est, par définition, de l'hérésie, des constructions intellectuelles. Les constructions philosophiques et métaphysiques du thomisme, qui reposent pour une grandes part sur Aristote, peuvent n'être pas acceptées comme telles : les notions de moteur, de substance, d'essence, de matière ou de forme peuvent être discutées). À vrai dire, on peut penser que la thomisme repose sur une « grille » de description du monde aristotélicienne. La « grille » n'étant pas parfaite, n'embrassant pas la totalité du réel (elle ignore, par exemple, la relativité et la mécanique quantique) ne peut être qu'approximative. De même, des visions plus platoniciennes du monde ne sont pas moins des grilles interprétatives différentes, pas forcément moins valables, mais permettant d'accéder à d'autres détails de la réalité. L'avantage du thomisme, apparemment, c'est qu'il permet difficilement de s'éloigner de la doctrine catholique. La synthèse faite par Saint Thomas de l'aristotélisme et du catholicisme est tellement solide qu'il devient difficile de s'éloigner de la doctrine catholique en restant dans le thomisme. Toutefois, le thomisme n'est pas la seule grille interprétative possible du monde, même dans le cadre catholique. En l'occurrence, Saint Augustin n'était pas thomiste (et pour cause) et l'on ne considère pas pour autant ses analyses comme des « erreurs » sous prétexte qu'elles ne respectaient pas le schéma thomiste ou aristotélicien. Par conséquent, il n'est pas hérétique de s'éloigner du thomisme. En revanche, ce qui deviendrait hérétique, ce serait de contredire la doctrine catholique (les dogmes) sous prétexte d'application d'autres systèmes philosophiques et/ou métaphysiques. De manière plus général, l'Église laisse une assez grande possibilité de débat, tant que les dogmes ne sont pas remis en cause. Des désaccords philosophiques profonds peuvent donc exister entre deux catholiques parfaitement orthodoxes. Mais ces désaccords ne pourront remettre en cause l'essentiel, c'est-à-dire la foi. En tout cas, c'est ainsi que je comprends la chose. Thomas