"Messe conçue dans l'iniquité" ?
Abbé Guillaume de Tanoüarn -  2010-09-04 11:16:53

"Messe conçue dans l'iniquité" ?

Cher Judas, dites donc clairement que vous estimez cette messe invalide. Ce sera plus simple... Cher Ennemond, vous voulez absolument prouver que j'ai changé. Je crois que je suis quand même le mieux placé pour vous dire que les argumentations sur la "messe mauvaise" (de la part de gens qui ne soupçonnent rien de l'analogie des transcendantaux) m'ont toujours laissé froid. On n'a pas le droit au nom de la théologie sacramentelle de mettre en cause l'ecclésiologie catholique, qui enseigne clairement l'indéfectibilité de l'Eglise lorsqu'elle promulgue la loi de la prière. Maintenant le choix entre les deux messes est-il "de l'ordre de la préférence entre deux choses de plus ou moins grande valeur" ? Je crains que vous n'attachiez au terme "valeur" une notion purement monétaire ou financière... A la fin du Gorgias, Socrate s'oppose à Calliclès en lui disant : je ne peux pas te démontrer que tu as tort, cher sophiste, mais ma position vaut plus que la tienne. Ce n'est pas rien la valeur, c'est même là dessus que nous serons jugés, comme nous le rappelle la parabole des talents. Oui je suis convaincu et j'ai expérimenté le fait qu'il y a une messe qui vaut plus que l'autre. Une telle différence de "valeur" (je dirai aussi d'efficacité spirituelle) entre les deux messes, c'est-à-dire dans ce qui est le principe de notre foi : la rédemption que le Christ nous a mérité sur la Croix et qui est représentée, identique, à la messe ; une telle différence de valeur dans ce qui est le coeur de la foi de l'Eglise met en jeu l'avenir de l'Institution, dont j'ai toujours pensé - et en ces termes - qu'elle ne pourra pas se passer de la puissance de la messe traditionnelle pour sortir de la crise qui l'accable. Cela valait bien les kilomètres et les injures, non ? "Heureux serez vous si l'on vous persécute..." Ce que vous sous-entendez en refusant ici le mot valeur, c'est que la messe de Paul VI n'a aucune valeur. Cette position est intenable. Si ce n'est pas la vôtre, Ennemond, dites le clairement ici. Point n'est besoin de diaboliser la messe de Paul VI pour justifier le combat en faveur de la messe de saint Pie V. La messe de Paul VI est valide ; en tant que telle elle est agréable à Dieu. Elle est simplement moins forte, moins efficace spirituellement que la messe nouvelle. Dire plus, c'est mettre en cause l'indéfectibilité de l'Eglise promulguant la lex orandi, c'est faire de l'ecclésiovacantisme. L'Eglise ne peut pas avoir donné un serpent à ses fils qui lui demandent du pain. Cette perspective n'est pas catholique. Faut-il pour défendre la liturgie traditionnelle se mettre hors de l'Eglise et ne plus la reconnaître, cette Eglise concrète avec ses faiblesses et ses tares, comme notre mère ? A Dieu ne plaise ! Cher Scribe, vous dites que rien n'a changé, sauf ce que le pape a accordé à la FSSPX. Regardez autour de vous ! Tout est différent et donc... le combat est différent. Il y avait bataille rangée. On serait plutôt aujourd'hui dans la guérilla, sans que l'on puisse toujours définir deux camps l'un en face de l'autre. Si dans ce contexte vous arrivez sur votre AMX 30, vous êtes ridicules et inefficaces : la guerre de 70 est terminée. Dire que rien n'a changé, comme vous le faites, c'est avant tout pouvoir dire que la FSSPX ne doit pas changer et ne doit pas signer un accord avec le pape qui le lui propose... Ce "rien ne change" est de plus en plus idéologique et de moins en moins crédible... Exemple : la conférence du 7 septembre prochain à l'Espace Bernanos sur Comment "bien célébrer la messe de Paul VI", conférence annoncée sur ce Forum en bannière... Petit signe ? Peut-être, mais il me semble que c'est un signe. On ne peut pas diaboliser la messe de Paul VI et rester catholique, de plus en plus de traditionalistes le comprennet bien.