Ce n'est pas votre truc: c'est à l'Eglise d'agir
Athanase - 2010-09-02 20:12:19
Ce n'est pas votre truc: c'est à l'Eglise d'agir
Mais les problèmes sont là: comment faire évoluer ces liturgies actuelles vers des formes plus acceptables. Visiblement, on y arrive aux Etats-Unis avec la réhabilitation de l'ancien autel. Les initiatives sont partielles, mais si des évêques procèdent ainsi, c'est que rien n'est perdu.
Dans l'absolu, oui le missel tridentin est idéal et si cela ne tenait qu'à nous, nous le diffuserions sans difficultés. Mais dans la pratique, comment fait-on pour améliorer la situation ? C'est là que le bât peut blesser, car des attachements forts à l'instar de ce que nous faisons ne résolvent pas les problèmes pratiques qui restent, hélas, béants. Le désastre est suffisamment étendu pour que l'on parvienne à revenir à une situation pré 1965. C'est un peu comme les émigrés qui avaient quitté la France sous la Révolution pour y revenir en 1815. Entretemps, il y eut des bouleversements qui rendirent la Restauration difficile. Certains s'arc-boutèrent sur un Ancien régime idéalisé et impossible à restaurer à tout point de vue. Mais au moins, si l'esprit y est, on peut toujours espérer une amélioration. Voilà un gros, gros problème.
Même si le missel de 1962 devait être généralisé, je doute qu'il parvienne à remplacer toutes les célébrations actuelles. Même avec la meilleure propagande et les meilleures dipositions d'esprit, il y a aura toujours une partie des fidèles qui sera étrangère à une célébration dans le plus pur style de 1962. Le fait de traditionaliser certaines célébrations est déjà une marque de tridentinisation (cf. les remarques de l'abbé BARTHE).
Laissons à l'Eglise le soin de remédier à une situation certainement inédite dans l'histoire, mais qui est aussi un appel à progresser dans le bon sens du terme. Cette épreuve, si dure soit-elle, ne peut qu'être riche. Finalement, c'est toujours dans les difficultés que l'Eglise parvient à resplendir.
Ces difficultés liturgiques doivent aussi, je parle avec la plus grande prudence et sous votre contrôle, être relativisées. Dans l'Eglise et même dans le monde tout est lié. La crise de notre civilisation n'est pas forcément favorable à l'idée même de liturgie. Il est certain que le NOM a témoigné d'espérances naïves. Avec le reclul, on le voit. Mais l'Eglise peut aussi cautériser, mettre du baume, y compris dans l'hypothèse d'initiatives contestables. Au 19ème siècle, elle réussit à traditionaliser un mouvement théologique liturgique allemand dont certaines positions étaient dangereuses.
J'espère que de tout ce mal surgira un plus grand bien. Pour la gloire de Dieu et celle de son Eglise.