Moi ce n'est pas ça qui me dérange...
Judas Thaddaeus -  2010-09-01 12:51:23

Moi ce n'est pas ça qui me dérange...

Qu'il y ait trois ou quatre grossièretés dans ce bulletin ne me dérange absolument pas. En même temps je ne suis pas représentatif parce que je suis moi-même extrêmement grossier la plupart du temps (ici, c'est incroyable ce que j'arrive à me tenir). Je suis d'ailleurs assez persuadé que ce qu'on dit avec des grossièretés a généralement plus de force que ce qu'on dit en parlant pointu (une déformation militaire sans doute). En tout cas oralement. J'aime le langage ultra-soutenu voire précieux à l'écrit, mais oralement, quand c'est pas ponctué par un bon "P..., il fait ch... cette espèce de gros c...", c'est fade. Alors justement dans ce bulletin, ce n'est pas "Ta gueule" et compagnie qui me dérange. C'est d'abord que ça n'est pas authentique. On sent que l'auteur se force à être grossier mais que c'est une pose. Et en plus, c'est un genre de grossièreté ultra-ringarde (parce qu'il y a aussi des modes dans la grossièreté). Le ton de ce papier me rappelait quelque chose, et tout à coup j'ai eu le déclic. Ce sont les passages des Nouveaux Prêtres de Michel de Saint-Pierre où l'auteur fait parler des personnages de la "zone" (comme on disait à l'époque), et des prêtres qui essaient d'adopter ce langage. Alors bon, c'était le style grossier de 1970, admettons. Mais aujourd'hui, l'auteur du bulletin paroissial en est resté à cette grossièreté-là. Il ne sait pas comment on est grossier en 2010. Et c'est amusant, parce qu'il a dû en rester en 1970 en matière de liturgie et de foi aussi... Et là, il n'y a rien de pire que celui qui veut faire "d'jeuns" et qui tombe à côté. Dans ce cas-là, le ridicule tue, que dis-je, il foudroie. Et ensuite, ce qui me gêne surtout, c'est que sur le fond, c'est extrêmement indigent comme pensée. Le sujet de la prière vocale ou de la prière mentale et de la balance entre les deux a été traité par les plus grands saints, et il y avait des idées intéressantes à en tirer. Et là, c'est assez pathétique. J'aurais préféré quelques mots orduriers en plus, mais qu'on nous eusse épargné : "C'est le rôle de la Parole, d'habiter". Parce que là, on retombe dans le pire du pire du bulletin paroissial de la communauté ecclésiale de Nudin-les-Noyaux avec le Père Jean-Louis et toute son équipe d'animation emmenée par les sympathiques Bernadette et Nicole. Et d'ailleurs, c'est forcément ça, la "paroisse Sainte-Jeanne-de-France-en-Vallée-de-l'Eure". Alors un conseil. Tenez vous en au "Chardonnet", c'est mieux ("c'est vachement bath, les gonzes", aurait dit le très hype curé de "Sainte-Jeanne-de-France-en-Vallée-de-l'Eure").