Alors, je suis bien d'accord avec vous...
Noël -  2010-08-26 18:12:45

Alors, je suis bien d'accord avec vous...

Si le ridicule tuait...il n'y aurait plus beaucoup de monde à "droite" comme "à gauche"... A Lyon comme à Bordeaux. A Paris comme à Rome. Etc., etc., etc. Finalement, je l'aime bien M. de La Palisse. M. de la Palisse est mort, Mort devant Pavie Un quart d'heure avant sa mort Il était encore en vie ! Refrain : Messieurs vous plait-il d'ouïr, L'air du fameux La Palisse? Il pourra vous réjouir, Pourvu qu'il vous divertisse! La Palisse eut peu de bien, Pour soutenir sa naissance Mais il ne manqua de rien Tant qu'il fut dans l'abondance. Bien instruit dès le berceau Jamais, tant il fut honnête, Il ne mettait son chapeau Qu'il ne se couvrit la tête. Il était affable et doux De l'humeur de feu son père Et n'entrait guère en courroux Si ce n'est dans la colère. Il buvait tous les matins Un doigt tiré de la tonne, Il mangeait chez ses voisins Et s'y trouvait en personne. Il voulait dans ses repas Des mets exquis et fort tendres, Et faisait son Mardi Gras Toujours la veille des Cendres. Ses valets étaient soigneux De le servir d'andouillettes, Et n'oubliaient pas les oeufs Surtout dans les omelettes. De l'inventeur du raisin Il révérait la mémoire Et pour bien goûter le vin Jugeait qu'il fallait en boire. Il disait que le nouveau Avait pour lui plus d'amorce Et moins il y mettait d'eau Plus il y trouvait de force. Il consultait rarement Hippocrate et sa doctrine Et se purgeait seulement Lorsqu'il prenait Médecine. Il épousa, ce dit-on Une vertueuse dame S'il avait vécu garçon Il n'aurait pas eu de femme. Il en fut toujours chéri Elle n'était point jalouse Sitôt qu'il fut son mari Elle devint son épouse. D'un air galant et badin Il courtisait sa Caliste Sans jamais être chagrin Qu'au moment qu'il était triste. Il passa près de huit ans Avec elle fort à l'aise Il eut jusqu'à huit enfants C'était la moitié de seize. On dit que dans ses amours Il fut caressé de belles Qui le suivirent toujours Tant qu'il marcha devant elles. Il brillait comme un soleil Sa chevelure était blonde Il n'eut pas eu son pareil S'il eut été seul au monde. Il eut des talents divers Même on assure une chose Quand il écrivait des vers Qu'il n'écrivait pas en prose. En matière de rébus Il n'avait pas son semblable S'il eut fait des impromptus Il en eut été capable! Au piquet, par tout pays Il jouait suivant la pente Et comptait quatre-vingt dix Lorsqu'il faisait nonante. Il savait les autres jeux Qu'on joue à l'académie Et n'était pas malheureux Tant qu'il gagnait la partie. On s'étonne sans raison D'une chose très commune C'est qu'il vendit sa maison Il fallait qu'il en eût une. Il choisissait prudemment De deux choses la meilleure, Et répétait fréquemment Ce qu'il disait tout à l'heure. Il fut à la vérité Un danseur assez vulgaire Mais il n'eût pas mal chanté S'il avait voulu se taire. Il eut la goutte à Paris Longtemps cloué sur sa couche En y jetant de hauts cris Il ouvrait bien fort la bouche. On raconte que jamais Il ne pouvait se résoudre A charger ses pistolets Quand il n'avait pas de poudre. On ne le vit jamais las Ni sujet à la paresse Tandis qu'il ne dormait pas On tient qu'il veillait sans cesse. Il avait un triolet Bien mieux que sa patenôtre Quand il chantait un couplet Il n'en chantait pas un autre. Il expliquait doctement La physique et la morale. Il soutint qu'une jument Est toujours une cavale. Par un discours sérieux Il prouva que la berlue Et les autres maux des yeux Sont contraires à la vue. Chacun alors applaudit A sa science inouïe Tout homme qui l'entendit N'avait pas perdu l'ouïe. Il prétendit en un mois Lire toute l'écriture Et l'aurait lue une fois S'il en eut fait la lecture Par son esprit et son air Il s'acquit le don de plaire Le roi l'eut fait Duc et Pair S'il avait voulu le faire. Mieux que tout autre à la cour Il savait jouer son rôle Et jamais lorsqu'il buvait Ne disait une parole. Lorsqu'en sa maison des champs Il vivait libre et tranquille On aurait perdu son temps De le chercher à la ville. Il voyageait volontiers Courant par tout le royaume Quand il était à Poitiers Il n'était pas à Vendôme. Il se plaisait en bateau Et soit en paix soit en guerre Il allait toujours par eau Quand il n'allait pas par terre. C'était un homme de coeur Insatiable de gloire Lorsqu'il était le vainqueur Il remportait la victoire. Les places qu'il attaquait A peine osaient se défendre Et jamais il ne manquait Celle qu'on lui voyait prendre. Un devin, pour deux testons Lui dit d'une voix hardie Qu'il mourrait au delà des monts S'il mourait en Lombardie. Il y mourut ce héros Personne aujourd'hui n'en doute Sitôt qu'il eut les yeux clos Aussitôt il ne vit goutte. Un beau jour s'étant fourré Dans un profond marécage Il y serait demeuré S'il n'eut pas trouvé passage. Il fuyait assez l'excès Mais dans les cas d'importance Quand il se mettait en frais Il se mettait en dépense. Un jour il fut assigné Devant un juge ordinaire S'il eut été condamné Il eut perdu son affaire. Dans un superbe tournoi Prêt à fournir sa carrière Il parut devant le Roi Il n'était donc pas derrière. Monté sur un cheval noir Les dames le reconnurent Et c'est là qu'il se fit voir A tout ceux qui l'aperçurent. Mais bien qu'il fut vigoureux Bien qu'il fut le diable à quatre Il ne renversa que ceux Qu'il eut l'adresse d'abattre. Monsieur de la Palisse est mort Est mort devant Pavie Un quart d'heure avant sa mort Il était encore en vie. Il fut par un triste sort Blessé d'une main cruelle On croit puisqu'il en est mort Que la plaie était mortelle. Regretté des ses soldats Il mourut digne d'envie Et le jour de son trépas Fut le dernier de sa vie. Il mourut le vendredi Le dernier jour de son âge S'il fut mort le samedi Il eut vécu davantage. J'ai lu dans de vieux écrits Qui contient son histoire Qu'il irait en paradis S'il était en purgatoire.