Problème aussi ecclésiologique !
Athanase - 2010-08-19 20:55:21
Problème aussi ecclésiologique !
Ne vous inquiétez pas, Cher Nemo, je compte bien vous rattraper ! Mais vous me devancez: vous avez une excuse, l'âge. Mais cela se rattrape. Hi, hi...
Vous connaissez bien la liturgie anglicane, mais je regrette que vous connaissiez moins bien l'histoire de l'anglicanisme, notamment ses courants anglo-catholiques. Certes, il y a de tout chez ces derniers (des libéraux à la sauce affirming catholicism, d'où vient le Dr Rowan Williams), mais il faut reconnaître qu'il y a quand même une tendance catholicisante. Je pense que la TAC ne se limite pas à un refus de l'ordination des femmes. Elle professait déjà un anglo catholicisme et ses convictions la rapprochent de l'Eglise. C'est toujours un gain d'avoir des gens droits qui, par exemple, sont beaucoup plus fidèles au Magistère en matière de morale que bien de catholiques dits romains. D'ailleurs, il y a toujours eu dans l'Anglicanisme un courant même pro-romain, certes minoritaires, mais disons que la cause du Catholicisme ne désintéresse pas certains anglicans.
Certes, cela ne suffit pas de rejeter l'ordination des femmes, mais le Catholicisme, dans son histoire, a souvent pratiqué la règle du minimum à l'égard des groupes dissidents. A cet égard, lisez ce qu'a écrit Soloviev sur le sujet: il cite Grégoire de Naziance et sa souplesse à l'égard des Macédoniens, qui étaient des hérétiques. Ce texte est peu connu, et pourtant il révèle une chose: que l'Eglise sait être souple sans verser dans le relativisme. De même, il ne serait pas choquant que la FSSPX soit réintégrée sans lui demander grand chose. Je dirais même que lui imposer l'acceptation du Concile Vatican II est inutile: la seule chose qu'on pourrait lui demander c'est de dire que les textes ne sont pas hérétiques et que l'Eglise romaine ne peut défaillir en faisant certains choix. A mon humble avis, le fait de reconnaître et de se soumettre au pape vaut acceptation implicite du Magistère et de tous les développements de l'Eglise.
Le cas Newman est celui d'une conversion individuelle: par définition, un individu s'intègre dans un tout et on peut exiger un rite personnel. Mais autre est la question des réintégrations collectives, dont la nature nature plus problématique. Le régime ne peut être le même. On ne traite pas un groupe de la manière qu'un individu: cela vaut dans l'Eglise comme ailleurs.
Pour revenir sur la liturgie, je regrette de ne pas avoir assister, en Ecosse, à un office célébré selon le Prayer book écossais de 1929. Mais je retournerai cette année. Promis, juré !