Lá où à mon sens cela ne tient pas
Etienne - 2008-12-11 09:07:32
Lá où à mon sens cela ne tient pas
C'est que l'appel à la prêtrise n'appartient pas en propre au pape, mais à l'évêque. L'analogie est donc intéressante et mériterait d'être approfondie, mais ne peut être directement mise en parallèle avec le cas des sacres. Il s'agirait en ce cas d'une entorse à la juridiction papale, laquelle peut être outrepassée en cas de nécessité (et le fut depuis 1976, il me semble, sans que ni la droite ni la gauche de Mgr Lefebvre ne s'en offusquât plus que cela)..
Pour reprendre votre argumentaire (et je crois que nous aurons fait le tour de la question), je ne puis me résoudre à penser que l'on puisse faire une entorse à la loi divine (à savoir sacrer contre la volonté du pape) pour une quelconque raison. Le sacre (et la désignation du candidat) étant une prérogative papale de droit divin, ce dernier est libre d'accepter ou de refuser les candidats que les évêques proposent, sans avoir à fournir à quiconque, sinon à Dieu lui-même, une quelconque justification . Ainsi, si le pape décide que le candidat ne lui convient pas parce qu'il a de grands pieds, qu'il est plus beau que lui, ou pour quelconque motif spécieux, il n'appartient à personne sur cette terre d'outrepasser sa décision. Car, voyez-vous, le problème est qu'à force de juger des décisions du pape et à valider ou invalider ses décisions, on en vient soit à en faire un pape à l'autorité clignotante (pardon d'avance au liseur à qui j'emprunte la formule qui me parait adéquate), dont les décisions sont soumises au bon vouloir de tout un chacun, soit à relativiser très rapidement le pouvoir papale.
Notez, cher Meneau que j'essaie de m'éloigner du cas pratique qui nous intéresse, à savoir les sacres promulgués par Mgr Lefebvre en 1988, afin d'éviter les passions que déchainent en général le sujet. Je ne veux ici juger personne, et comme le disais L'Hermitte, ils sont là, maintenant (ce qui me rappelle au passage un mot d'Arletty à qui on reprochait ses relations avec certains officiers allemands pendant l'occupation et qui répondait du tac au tac "Ben fallait pas les laisser rentrer!"). Dieu ne permet rien sans que cela fasse partie de son plan. Pour dissiper un doute que vous semblez avoir, je ne tiens pas pour vrai que le siège de Pierre est vacant. Je ne suis pas non plus de ces fidèles qui pensent que le concile Vatican II est pur de toute imperfection, loin de là. En revanche, je tiens pour vrai qu'on a toujours à gagner à approfondir la doctrine pour mieux entrapercevoir la Vérité.
Je tiens enfin à m'excuser auprès des liseurs pour mon ton parfois châtié. On a parfois tendance à oublier qu’il s’agit d’échanges entre catholiques, le plus souvent de bonne volonté.
A tous, une bonne journée,
Etienne