Etienne - 2008-12-09 10:47:26
Précisément !
La question est de savoir si l'on peut considérer le sacre épiscopal comme une prérogative papale de droit divin ou seulement de droit humain (la question posée par Bastanès).
Notre théorie est ici de dire:
-> Que la nomination des évêques appartient de droit divin au pape.
-> Que le pape peut définir les modalités pratiques de désignation des évêques, restant sauve son autorité toujours et partout en la matière.
Je pense que jusque là, nous sommes d'accord. Il s'en suit, par exemple, que Mgr X, évêque dans la brousse, coupé de toute communication avec le Saint Siège pour des raisons pratiques, et sentant un danger grave venir pour ses fidèles (par exemple sur son lit de mort, alors qu'il n'y a aucun moyen de prévenir Rome de la nécessité de sa succession), peut sans problème sacrer un de ses prêtres pour assurer les sacrements, jusqu'à ce que l'information arrive à Rome. Après quoi, le nouvel évêque pourra déposer sa nouvelle dignité à Rome et attendre les ordres avec piété filiale.
En revanche, jamais l'évêque mourant ne pourra sacrer son prêtre contre la volonté papale, en tant que la nomination des évêques appartient de droit divin au pape, et qu'en conséquence, aucun état de nécessité ne puisse être invoqué sans considérer que l'autorité du pape est formellement déchue. Sans quoi, vous absolutisez la notion d’état de nécessité, pouvant être transposée à n’importe quel pouvoir de gouvernement du pape : pourquoi dans ce cas ne pas considérer que la « crise de l’Eglise » n’entraine pas la nécessité de diocèses territoriaux parallèles, de paroisses, etc. ?