Nous Robert, cardinal Bellarmin, ayant appris que l’on avait calomnié le Signor Galileo Galilei en prétendant qu’il avait abjuré entre nos mains, et qu’il avait reçu comme punition une pénitence salutaire, comme on nous a prié de faire connaître la vérité, nous déclarons que le dit Seigneur Galileo n’a abjuré ni entre nos mains, ni entre celles de personne, à Rome ou ailleurs, que nous sachions, aucune de ses opinions ou doctrines ; il n’a pas non plus reçu de pénitence salutaire, ni d’aucune sorte. Seulement, on lui a fait connaître la déclaration arrêtée par Sa Sainteté, et publiée par la Congrégation de l’Index, où il est dit que la doctrine attribuée à Copernic, d’après laquelle la terre tourne autour du soleil, et le soleil reste au centre du monde, sans se mouvoir d’orient en occident, est contraire aux Saintes Ecritures et que, par conséquent, on ne peut ni la défendre ni la croire. En témoignage, nous avons écrit et signé la présente de notre propre main, le 26 mai 1616. Robert, cardinal Bellarmin. Cité par Favaro, Opere di Galileo, n. 1189.
Inutile de préciser que Galilée conserva avec soin ce document jusqu'à sa mort ! On peut par contre rappeler aux donneurs de leçons : – que Martin Luther, dans ses Propos de Table, s'était moqué des théories de Copernic comme de la lubie anti-biblique d'un fou, alors que le pape Clément VII leur avait accordé une respectueuse attention en 1533 ; – qu'un génie scientifique tel que Pascal estimait impossible de décider entre les théories de Ptolémée, de Copernic et de Tycho-Brahé, puisque, selon lui, toutes les trois s'accordaient avec les apparences visibles... V.