La question semble mal posée
jl d'André - 2007-11-21 13:45:31
La question semble mal posée
Si on la formule ainsi : "Quand faut-il vouvoyer Dieu et quand peut-on le tutoyer ?", la réponse paraît plus simple.
La question est spécifique à chaque langue. En latin, il n'y a pas de vouvoiement et on tutoie tout le monde. En anglais, au contraire, on vouvoie tout le monde pour ne tutoyer que Dieu.
En français, le vouvoiement apporte une nuance de respect, de déférence, mais aussi d'éloignement, de maintien à distance. Le tutoiement, au contraire apporte une nuance de familiarité, dans les deux sens du mot, c'est à dire aussi bien plus grande intimité que une certaine grossièreté.
La difficulté est que Dieu est à la fois très éloigné, très au dessus de nous, mais qu'en même temps, il nous élève par sa grâce à une grande intimité avec lui.
Donc lorsque l'accent est plutôt mis sur la majesté divine et sur le respect et l'adoration que nous lui devons, le vouvoiement s'impose. C'est notamment le cas dans tous les actes de la liturgie, prière publique de l'Église. Et il est tout particulièrement scandaleux d'avoir voulu imposer le tutoiement jusque dans la "traduction" de la sainte messe qui est l'acte liturgique par excellence.
En revanche, dans certaines prières privées, il est parfaitement légitime que l'âme manifeste par le tutoiement, l'intimité avec Dieu auquel sa grâce l'a élevée. Ste Thérèse de l'enfant Jésus pouvait tutoyer Notre Seigneur dans sa prière privée et bien d'autres mystiques faisaient de même, mais ils ne se seraient jamais permis d'introduire ce même tutoiement dans la liturgie.
Tout cela pour dire que notre légitime opposition au tutoiement dans la liturgie ne doit pas nous amener à corriger certaines prières scoutes ou cantiques populaires.