moralisateurs ?
Luc Perrin -  2007-07-20 21:15:38

moralisateurs ?

M. l'abbé, je ne suis pas sûr que vos contradicteurs (et les miens) soient "moralisateurs", ce qui après tout ne saurait leur être reproché sauf cas d'étroitesse. L'un d'entre eux en appelle à saint Jérôme avec un bout de citation - qu'importe si cela va contre la loi de l'Eglise et la Tradition constante ... le procédé est connu. Je dirais plutôt relativistes : tout est relatif, s'attacher à quoi que ce soit est un délit, un péché - là on côtoie en effet un moralisme de pure façade ; la "règle" serait de n'en avoir aucune. On touche certainement un clivage anthropologique crucial qui sépare au sein de l'Eglise ceux des baptisés qui s'attachent à des faits, des signes, des règles, et une partie devenue (hélas) majoritaire pour laquelle selon la formule anglaise "anything goes" (tout est possible). "Laissez faire, laissez passer" est la clef de voûte du libéralisme économique qui entretient comme on sait un lien substantiel avec le libéralisme philosophique, toutes formes que l'Eglise a toujours combattues, Vatican II compris. Alfred Loisy proclamait avec ironie que le prochain et dernier dogme proclamé serait celui de l'évolution du dogme. nb. j'ai bien sûr dit "règle" ce qui suppose possibilité d'exceptions, quand et uniquement quand les cas particuliers l'exigent. Le NOM ne tend-il pas, avec les pouvoirs concédés aux conférences épiscopales et aux prêtres, à affaiblir considérablement la notion-même de "règle", "rubrique" ? L'insulte suprême proférée par un néo-liturge n'est-elle pas "rubriciste" ? Les résistances farouches envers le VOM et préalables au motu proprio du 7 juillet n'ont-elles ici une explication plus profonde ?