Omnia vanitas toujours aussi libéral
Luc Perrin - 2007-07-20 20:57:23
Omnia vanitas toujours aussi libéral
Je suis frappé par l'excellent reflet que vous donnez de la culture catholique libérale : encore un peu et vous serez le prochain chroniqueur (ou chroniqueuse) du Monde des religions.
Rien n'a jamais d'importance, tout est relatif, les horreurs du NOM réel ce n'est pas bien grave, que des prêtres et des religieux/gieuses en prennent à leur aise avec leur identité à savoir leur raison d'être - sans une raison juste évidemment -, les dérapages épiscopaux etc. au fond, tout cela n'a pas d'importance : la miséricorde divine englobe tout et la fausse traduction (anglaise) de pro multis en "for all" (pour tous) vous irait comme un gant.
Précisons quand même que les prêtres diocésains en civil total sont en contravention flagrante avec la loi de l'Eglise et les dispositions de la CEF pour notre pays ; que beaucoup de congrégations religieuses ont conservé le port de l'habit (combien Mère Teresa y tenait !).
Je vous suggère de lire la très remarquable interview donnée par Mgr Ranjith Patabendige Don ce printemps à AsiaNews : il prend le contre-pied mot pour mot de votre libéralisme catholique. A partir de l'exemple asiatique où tous les religieux sont identifiables en dehors du catholicisme, il montre l'absurdité y compris pastorale de la tenue en pékin.
En d'autres termes, ces religieux/ses et prêtres sont doublement infidèles au Christ : 1) infidèles par nicodémisme et reniement de facto (entendront-ils/elles le coq chanter 3 fois ?) de leur vocation 2) infidélité à leur tâche première qui est d'évangéliser puisque par ce choix ils gênent l'évangélisation ou l'appauvrissent.
Le diable se niche fort souvent dans les détails et c'est ce que les catholiques libéraux se refusent à voir, même quand les chiffres finissent par leur sauter au visage.
Un dernier exemple conclusif : il y a des circonstances où l'anonymat est requis AMDG. Ainsi la poignée de prêtres-ouvriers des années 1940-1950 pouvaient difficilement être aux machines en soutane ; certaines Petites soeurs de Jésus, de Soeur Magdeleine, étaient clandestines en URSS et dans l'Afghanistan taliban. Mais il est remarquable que la Fondatrice a toujours plaidé pour la sainteté et la valeur de l'habit pour la règle générale. Elle n'a jamais tout mis sur le même plan ni confondu la règle commune avec l'exception pour le besoin de la Mission. Le je-m'en-foutisme doctrinal côtoie vite les relâchements dits extérieurs. Le NOM réel en donne une illustration trop connue chaque jour pour qu'il soit nécessaire de s'apesantir. Du moins pour ceux et celles qui ont des yeux et des oreilles.